L’Amoco Milford Haven (Italie – Arenzano)

L’Amoco Milford Haven est la plus grande épave coulée en Méditerranée si ce n’est pas la plus grande au monde. Le navire repose, par 82 mètres de profondeur, bien à plat sur un fond sablo-vaseux à 1,2 mille au large de la ville d’Arenzano (baie de Gênes) en Italie. Amoco, ce nom ne nous est pas totalement inconnu ?
En effet, le Haven est le frère jumeau du tristement célèbre Amoco Cadiz qui est allé s’échouer, le 16 mars 1978, sur les côtes Bretonnes au nord-ouest du Finistère.

Le 11 avril 1991 le super tanker Amoco Milford Haven mouille à Gênes chargé de 144000 tonnes de brut. Suite à un incendie et à une violente explosion d’une des citernes le navire se brise en trois parties. La proue coule sur place par 490m de fond et les deux autres parties sombrent trois jours plus tard pendant leur remorquage. La partie principale restante, longue de 240 mètres, constitue de nos jours l’une des plus belles plongées au monde.

La plongée démarre sur l’énorme château qui culmine à 33 mètres de profondeur. Du château on aperçoit l’énorme cheminée du tanker entourée par un nuage de sars et de castagnoles. L’exploration de l’épave se déroule principalement sur les passerelles, entre -35 et jusqu’à -55m en arrivant au niveau du pont principal. A chaque étage, des portes ouvertes permettent de pénétrer le géant pour visiter les nombreuses salles.

En descendant le long de la coque vers la poupe on rejoint l’hélice et le safran. L’axe de l’hélice se situe à environ 78 mètres de profondeur. Malheureusement le fond de la baie est tapissé de vase et n’offre pas toujours la visibilité permettant d’admirer dans son ensemble les énormes pales (2 mètres de haut) et le gouvernail d’une hauteur de 16 mètres. De plus nous sommes situés sous la coque et le lieu s’en trouve donc relativement sombre.

 

Plus en avant, à la verticale du château arrière, nous trouvons l’énorme ouverture, sur le flanc bâbord de la coque, suite à l’explosion d’une des cuves de brut.

Aujourd’hui l’épave est principalement colonisée par de nombreux bancs de poissons (anthias, castagnoles, sars, etc.) mais aussi par des prédateurs comme le mérou, la dorade, ou encore la murène et bien d’autres encore. Par contre sur la coque on ne trouve pas de grandes gorgones pourpres comme c’est le cas sur le Donator ou le Grec. Ceci est certainement dû à la nature du fond de vase et aux nuages de particules qui viennent recouvrir de leurs sédiments l’ensemble des surfaces après chaque tempête. A la place des beaux cnidaires dont nous avons l’habitude nous trouvons plutôt de nombreux coquillages solidement fixés aux rambardes bien exposées aux courants.

L’Amoco Milford Haven (le chateau arrière avec ses ponts et passerelles)

Cette première vidéo réalisée fin octobre 2016 nous montre la partie haute de l’épave composée du château et de ses 6 à 7 étages de ponts et passerelles.

 

 

 

 

L’Amoco Milford Haven (détour par l’hélice)

Sur bien des épaves, l’hélice du navire fait partie des explorations à ne pas manquer. Celle du Haven n’échappe pas la règle même si on s’attend à voir quelque chose de plus gros en lien avec l’immense château que l’on découvre lors de la première plongée. En effet, les pales ne font que 2 mètres de haut, ce qui pourrait paraître presque ridicule au vu des 350 mètres de longueur et des 50 mètres de hauteur du navire. D’ailleurs sur la maquette du Haven, exposé dans la vitrine du centre Techdive, on se demande comment une si petite l’hélice pouvait emmener un tel géant des mers !

Quoiqu’il en soit rendez-vous était pris pour aller voir notre hélice. Malheureusement la semaine précédent notre séjour, la mer fût agitée et la visibilité s’en trouva quelque peu affectée à cause de la nature du fond (de vase) de la baie de Gênes. De plus cette dernière se trouve bien cachée sous la coque du navire par près de 80 mètres de fond et il ne fallait donc pas s’attendre à trouver une luminosité exceptionnelle. Peu importe, cette plongée fût magnifique et à la hauteur de toutes celles réalisées sur cette épave exceptionnelle.