Le monde du silence
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Les recycleurs

Le recycleur Inspiration
(électronique Classic)

Qu'est-ce qu'un recycleur


Dans l'atmosphère, l'air est un mélange composé d'oxygène à hauteur de 21% (20,9 pour être plus précis) et d'azote pour 79%. Nous ferons abstraction du faible pourcentage de C02 (pour les calculs seulement), d'Argon et de gaz rares également contenu dans l'air.


Sur un circuit ouvert (le détendeur classique) l'air expiré par le plongeur est rejeté à l'extérieur. Et pourtant dans cet air expiré il reste encore une grande quantité d'oxygène (16 à 17%) qui n'a pas été consommée.
A terre, cela nous importe peu, car l'air n'est pas en quantité limitée. Par contre, sous l'eau, nous emmenons une réserve d'air (et donc d'oxygène) limitée par la capacité de la bouteille. Alors pourquoi gaspiller une si grande quantité d'oxygène ?


Partant de ce constat, Il serait plus judicieux d'essayer de consommer la totalité de l'oxygène avant de rejeter le mélange restant à l'extérieur. Cependant pour nos besoins physiologiques nous avons besoin de garder, dans le mélange, un niveau d'oxygène à un taux respirable (ni trop, ni trop peu) par l'organisme. A la surface ce taux doit se situer à une valeur au moins égale à 16% d'oxygène dans le mélange respiré ou plus exactement à une pression partielle de 0,16 bar au minimum. C'est d'ailleurs cette dernière notion (PpO2) qui est importante et non le pourcentage d'oxygène dans le mélange.


C'est justement ce que vont proposer les recycleurs les plus performants en maintenant dans le mélange une pression partielle constante d'oxygène. Ce niveau sera défini par l'utilisateur dans une gamme de valeurs proposées par le recycleur. On verra par la suite qu'il existe plusieurs types de recycleurs et que les performances et les modes de fonctionnement varient d'un modèle à l'autre.


En résumé, un recycleur est , comme son nom l'indique, un appareil qui va récupérer le gaz expirer et le réutiliser pour la prochaine inspiration du plongeur. Le système ajoutera, au passage, un peu d'oxygène au mélange afin de rester au niveau demandé initialement par l'utilisateur sans oublier d'éliminer le gaz carbonique (CO2) produit par l'organisme.


Et pour finir un recycleur c'est un ensemble composé :


  • d'un mélange respirable dans un circuit en boucle fermée,
  • d'un métabolisme produisant du CO2 (le corp humain),
  • d'un absorbant de CO2 (la chaux sodée),
  • d'un système d'injection d'oxygène (O2).

 

Le recycleur Dolphin
Le recycleur Evolution
(électronique Vision)

Différents type de recycleurs


Il existe deux grandes familles de recycleurs. Les recycleurs à circuit semi-fermé et ceux à circuit fermé. A partir de ces deux modes de fonctionnement, il est décliné plusieurs variantes :


  • les semi-fermés actifs,
  • les semi-fermés passifs,
  • les circuits fermés à injection manuelle,
  • les circuits fermés à injection automatique (mécanique ou électronique).

Dans les chapitres qui suivent nous limiterons notre description à deux modèles de recycleurs couramment rencontrés dans nos régions et qui correspondent à 2 modes de fonctionnement très usités :
- le Dolphin de Draeger (semi-fermé actif, Allemand),
- l'Inspiration d'Ambient Pressure Diving (circuit fermé automatique à gestion électronique, Anglais).


Le cycle de vie de ces 2 recycleurs se croise (montée en puissance de l'Inspiration et chute des ventes du Dolphin) vers les années 2002 au moment ou Draeger arrête la fabrication de son recycleur fétiche et passe la main à Aqualung. Le Dolphin, qui n'est plus fabriqué aujourd'hui, mais qui a été distribué en grande quantité (pour l'époque) au début des années 2000 tend à disparaitre de notre paysage au profit des circuits fermés.


Les recycleurs à circuit semi-fermé ont l'avantage de la simplicité et donc de la fiabilité par contre les performances sont limitées. A l'opposé, les circuits fermés sont quand à eux extrêmement performants mais de conception plus complexe et en corollaire une fiabilité qui peut être mise plus facilement en défaut.


Les appareils à circuit semi-fermé sont également appelés SCR (Semi Closed Rebreather) et les circuits fermés CCR (Close Circuit Rebreather). Les SCR existent en version monogaz ou multigaz (un gaz fond et un pour la décompression). L'écriture abrégé pour les circuits fermés électroniques est eCCR et les versions mécaniques mCCR.


Ces deux types de recycleurs ont le même objectif (optimiser la consommation d'O2), mais utilisent des moyens et des technologies différentes pour y parvenir.


Juste pour information et parce qu'ils deviennent courant de nos jours, je me permettrais également d'ajouter une description des recycleurs circuit fermé à injection manuelle ou encore circuit fermé mécanique. Les circuits fermés mécaniques où mCCR peuvent être associés à une électronique qui intervient pour maintenir un niveau minimal de pression partielle d'oxygène et deviennnent alors des hCCR (h pour hybride). Dans tous les cas les CCR embarquent de l'électronique (même les mécaniques) ne serait-ce que pour afficher la PpO2 dans la boucle.



Schéma du recycleur Dolphin

Principe de fonctionnement commun


Quelque soit le type de recycleur, le mode de fonctionnement est, à la base, le même. Il s'agit de récupérer le mélange expiré par le plongeur, d'éliminer le gaz carbonique (CO2 ou dioxyde de carbone) et de réinjecter de l'oxygène (O2 pur ou nitrox) pour compenser celui consommé afin d'en faire, de nouveau, un mélange respirable et conforme à la demande du plongeur. L’azote contenu dans le mélange est, quant à lui, un diluant et n’intervient pas dans le métabolisme humain. Il circule donc en boucle infinie dans le recycleur sans la moindre transformation.


L'élément commun à tous les recycleurs est la boucle de ventilation ou circuit respiratoire composé :

  • des poumons du plongeur,
  • d'un tuyaux annelé inspiratoire et un autre expiratoire,
  • d'un faux poumon inspiratoire et un autre expiratoire,
  • d'une cartouche de chaux (canister) pour éliminer le CO2,
  • d'un système d'injection de gaz frais (à forte teneur en O2)

Pour plus de détails sur la terminologie anglaise (scrubber, canister), vous pouvez vous reporter au lexique.


 


Schéma du recycleur électronique

Tuyaux annelés


Les tuyaux annelés ont pour fonction d'apporter le mélange gazeux à la bouche du plongeur et puis de l'évacuer. Entre les 2 tuyaux (inspiratoire et expiratoire) on retrouve un embout (DSV - Dive Surface Valve), en forme de T, équipé de 2 valves anti-retour.
L'ensemble à un sens unique de circulation. Le mélange frais vient du sac inspiratoire et passe dans une première valve anti-retour (au niveau de l'embout), puis une fois expirer repart, en passant par une seconde valve anti-retour vers le sac expiratoire.
Les valves anti-retours (voir la photo de l'embout en bas à droite avec les 2 valves de couleur noire et bleue) permettent donc au gaz de ne circuler que dans un seul sens (tuyau inspiratoire -> embout -> tuyau expiratoire). L'embout a cependant la particularité, par rapport à celui d'un circuit ouvert, de pouvoir se fermer afin d'en interdire l'entrée d'eau.


Les tuyaux annelés sont de fort diamètre afin de faciliter la circulation des gaz et de limiter les résistances (inspiratoire et expiratoire). Les tuyaux sont souples pour ne pas gêner les mouvements de la tête, et annelés (surface ondulée, comme sur un tuyau d'aspirateur) afin d'éviter l'écrasement.


Chaque tuyau annelé est équipé d'une bague métallique, que l'on peut déplacer sur toute la longueur, pour ajuster la flottabilité et ainsi pour assurer un meilleur confort en bouche. Sans ces poids les tuyaux auraient, en effet, une forte flottabilité positive qui viendrait vous tirer sur la bouche.


 


Le tuyaux annelé du recycleur Inspiration avec son embout

L'embout démonté avec ses 2 valves

Faux poumons


Les faux poumons sont au nombre de deux et portent également le nom de sacs inspiratoire et expiratoire. Sur certains recycleurs il n'y a qu'un seul faux poumon pour l'inspiration et l'expiration.
Au même titre que les poumons humains, les sacs sont en matière souple afin de pouvoir se remplir et se vider à la demande. La taille des faux poumons est généralement fonction du volume pulmonaire du plongeur. Sur le recycleur Inspiration, il existe 3 tailles de faux poumons.


Suivant les modèles de recycleur les faux poumons sont positionnés soit dans le dos du plongeur (Dolphin -SCR-, rEvo -m ou hCCR-, Sentinel -mCCR- soit devant et sur les épaules (Inspiration). Il est à noter que les recycleurs de la marque APD peuvent également être équipés de faux poumons dorsaux depuis l'année 2012.

L'emplacement des faux poumons est important car il déterminera l'aisance respiratoire. L'idéal est qu'il n'y est pas de différentiel de pression entre les faux et les vrais poumons du plongeur et ce, quelque soit la position du plongeur, verticale ou horizontale. Pour cela il faut que les sacs soient toujours situés au même niveau que les poumons du plongeur. Par exemple, avec des faux poumons dorsaux la ventilation deviendra difficile dès que le plongeur passera en position dorsale car les faux poumons se retrouveront en surpression par rapport aux vrais poumons. Ceci peut également être vrai en position verticale si les faux poumons se retrouvent plus bas que les vrais poumons (mauvaise conception ou mauvais ajustement de la machine sur le dos). Pour le recycleur Inspiration les faux poumons d'épaule sont placés sur le devant mais aussi sur les épaules. L'avantage de cette dernière configuration est qu'ils entourent les (vrais) poumons du plongeur et que l'inspiration, comme l'expiration restent souples quelque soit la position dans l'eau.


Les recycleurs de la marque AP Diving (Inspiration/Evolution) ont été conçus initialement avec des faux poumons d'épaules et depuis octobre 2012 le fabricant propose également de nouveaux faux poumons dorsaux. Pour compléter les avantages et inconvénients cités précédemment, on peut signaler que les faux poumons d'épaules (placés sur et devant la poitrine) encombrent le torse alors que les dorsaux, au contraire, le dégage. Chaque modèle combine, comme bien souvent, des avantages et des inconvénients. Au final, un des gros avantages avec les recycleurs APD est qu'aujourd'hui le plongeur a le choix entre les 2 montages.


Les faux poumons sont protégés soit dans une coque rigide (Dolphin, rEvo) soit dans une enveloppe en tissu renforcé (Inspiration) comme pour les gilets stabilisateurs. On peut également trouver des faux poumons en néoprène (Megalodon) qui apporteront une souplesse supplémentaire principalement à l'expiration.


Le faux poumon inspiratoire reçoit le gaz riche en oxygène et dans le cas du CCR Inspiration il est également équipé d'une valve d'injection (ADV - Automatic Diluent Valve) de diluant (généralement air ou trimix/héliox suivant les configurations). Cette valve injecte du diluant quand la boucle se retrouve en dépression lors de la descente ou quand le plongeur force sur l'inspiration.


Et pour continuer avec l'Inspiration, le faux poumon expiratoire reçoit le gaz expiré, donc (un peu plus) pauvre en oxygène et riche en CO2. Ce sac, de par sa position entre l'embout et la cartouche de chaux, fait également office de piège à eau. Le faux poumons expiratoire est équipé d'une valve de surpression qui permet d'évacuer les gaz en excès, principalement lors des remontés (dilatation des gaz). Cette dernière doit être réglée suffisamment souple afin de limiter la pression dans la boucle à des valeurs inférieures à la limite d'élasticité des poumons. Sur le modèle Inspiration, cette valve peut également être commandée manuellement pour forcer la purge du circuit. L'expiration des gaz en excès lors de la remonté se fait cependant plus naturellement par le nez.

Dans le cas des faux poumons dorsaux du recycleur Inspiration les 2 sacs sont équipés d'une valve de surpression qui permet surtout la vidange de l'eau s'y trouvant et ceci particulièrement lors du nettoyage des faux poumons. Ces dernières ne sont cependant plus accessibles en plongée pour une activation manuelle comme c'est la cas pour les faux poumons d'épaule. L'évacuation de l'air excédantaire se fait donc uniquement par la bouche ou le nez.


 

Cartouche de chaux


Une des principales étapes d'un système à recyclage de gaz est la suppression du gaz carbonique. Le CO2 produit par le métabolisme de l'organisme représente environ 3 à 4% du gaz expiré.


Au repos, chaque inspiration apporte environ un demi-litre d'air dans les poumons (volume courant) et ceci en moyenne de 12 à 15 fois par minute (fréquence respiratoire). Le rôle de la ventilation est d'amener l'oxygène nécessaire à l'organisme et d'évacuer le dioxyde de carbone (CO2).


Comme tous systèmes vivants, la ventilation est régulée. Autrement dit, son fonctionnement est soumis à contrôles. Contrairement à ce que nous pourrions croire, ce n'est pas l'oxygène qui règle le débit de la ventilation mais le CO2. Des récepteurs situés dans les artères, les poumons et à différents endroits du corps sont stimulés par la teneur en dioxyde de carbone du sang. Quand le taux de CO2 augmente, la ventilation s'accélère et inversement.


En résumé, le corps humain consomme de l'oxygène et rejette du CO2 . Sachant qu'avec un recycleur nous respirons dans une boucle fermée, avec adjonction d'oxygène, il faut donc éliminer le gaz carbonique produit par l'organisme avant que celui-ci ne devienne dangereux et n'entraîne une hypercapnie (excès de CO2).
La fonction d'élimination, ou plutôt de transformation, est réalisée par la cartouche de chaux sodée. La chaux sodée est un mélange composé, à environ 3%, d'hydroxyde de sodium, 75 à 80% d'hydroxyde de calcium, 10 à 20% d'eau et moins de 1% d'hydroxyde de potassium. Suivant le fabricant, la chaux porte des noms différents : sofnolime, divesorb, medisorb, etc. L’appellation chimique, plus commune, est généralement Soda lime.


La chaux peut se présenter sous différentes formes. La tendance serait plutôt pour des granulés à structure géométrique (genre gravier anguleux chez APD et sous forme semi-sphérique chez Draeger) et de taille standardisée. L'objectif est d'obtenir une bonne résistance à l'abrasion afin de limiter les poussières et d'assurer un emboîtement facile des granulés entre eux afin de limiter les phénomènes de channeling (formation de canaux qui permettent au mélange de traverser rapidement le filtre sans contact avec de la chaux active et donc sans élimination du CO2). On peut remarquer que plus la granularité sera faible et anguleuse et plus il y aura de surface de chaux en contact avec le gaz et donc plus d'absorption de CO2. Le but étant que le gaz reste en contact avec la chaux suffisamment longtemps pour que le processus chimique d'élimination du CO2 soit maximal.


Comme indiqué précédemment, l'élimination du CO2 est en fait une transformation suite à une réaction chimique avec les composants de la chaux. Au contact de l'eau, présent dans le circuit (chaux + vapeur d'eau expirée), le dioxyde de carbone se transforme en acide carbonique. Ce dernier réagit ensuite avec l’hydroxyde de sodium pour produire de l’eau, du carbonate de sodium et de la chaleur. Pour terminer, le carbonate de sodium réagit avec l’hydroxyde de calcium pour produire du carbonate de calcium (calcaire) et de l’hydroxyde de sodium (initialement présent dans la chaux).


Pour les amateurs d'équations de réactions chimiques la transformation est la suivante :


Le dioxyde de carbone (CO2) réagit avec l’eau (H2O) pour produire de l’acide carbonique (H2CO3) :
CO2 + H20 -> H2CO3
L’acide carbonique va réagir avec l’hydroxyde de sodium (NaOH) pour produire de l’eau (H2O) et du carbonate de sodium (Na2CO3) :
H2CO3 + 2 NaOH -> Na2CO3 + 2 H2O
Le carbonate de sodium va réagir avec l’hydroxyde de calcium (CaOH2) pour produire du carbonate de calcium et de l’hydroxyde de sodium :
Na2CO3 + CaOH2 -> CaCO3 + 2NaOH


Ces différentes étapes de transformation permettent donc de comprendre pourquoi le mélange inspiré dans un recycleur est chaud et humide. En sortie de plongée et après ouverture de la cartouche de chaux on peut d'ailleurs constater que les parois internes sont maculées de gouttelettes d'eau (condensation et réaction chimique). La condensation est amplifiée par l'écart de température important qui existe entre l'intérieur de la boucle de respiration et le milieu ambiant qui est généralement beaucoup plus froid. Cette chaleur et humidité deviennent un avantage qui est particulièrement apprécié des plongeurs, car elles permettent de limiter le refroidissement ainsi que les problèmes d'assèchement et d'irritation de la gorge, constatés en plongée bouteille. Le revers de la médaille est que cette humidité se retrouve au contact de l'électronique des recycleurs à circuit fermé.


La cartouche contenant la chaux sodée, est de forme cylindrique dans le cas du recycleur Inspiration et en ellipse pour le Dolphin. La cartouche contient 2,5 KG de sofnolime pour un Inspiration et 2,25KG de divesorb pour un Dolphin. Le gaz à traiter va circuler sur toute la longueur de la cartouche afin d'assurer une complète absorption du CO2.


Le remplissage de la cartouche est un moment important car le gaz prendra le chemin le plus facile pour aller d'un bout à l'autre. Il faudra donc surveiller à ce que la cartouche soit remplie de façon homogène (éviter l'effet de channeling = création de canaux où les gaz pourraient circuler librement sans qu'il y est absorption du CO2). L'astuce consiste, tout simplement lors du remplissage, à tapoter les rebords de la cartouche, afin que les granulés puissent s'imbriquer les uns dans les autres. L'objectif est de bien remplir chaque interstice mais sans, tout de même, trop tasser l'ensemble. Un tassement important pourrait freiner le passage des gaz et entraîner une résistance ventilatoire excessive.


Un autre point important, est la durer de vie de la chaux. Chaque fabricant a testé sa chaux dans des conditions, généralement extrêmes, et donne des valeurs limites de durée avant le remplacement. Dans l'absolue, la durée de vie de la chaux est surtout fonction de votre production de CO2. Celle-ci est très variable suivant les individus et varie en fonction des conditions de plongée et d'entraînement. La durée de vie dépendra également du soin apporté à la chaux (stockage sous emballage étanche et à l'abri du soleil, pas de contact avec de l'eau, etc.).
Dans le cas de l'Inspiration, la cartouche a été testée avec un débit ventilatoire de 40 litres par minute et une production de gaz carbonique de 1,6 litres par minute. La chaux (sofnolime), préconisée par APD (Ambient Pressure Diving), et qui a été utilisée pour les tests, est de granularité 1,0 - 2,5mm. Suite aux essais réalisés, APD a préconisé un changement de l'absorbant toutes les 3 heures. Il est à noter que la profondeur réduit la capacité d'absorption de la chaux.
Ce dernier point se comprend aisément car avec l'augmentation de pression, la densité du mélange suit la même évolution et la concentration de molécules de CO2 à éliminer également. Avec la profondeur le CO2 seront donc plus difficile à éliminer et demandera à être en contact plus longtemps avec la chaux pour que la transformation chimique puisse s'opérer efficacement.
Un protocole d'utilisation de la cartouche a d'ailleurs été établi en fonction de la durée et de la profondeur d'évolution (se reporter au manuel d'utilisation du recycleur Inspiration).


Depuis peu, il existe également des cartouches interchangeables à usage unique. Un peu comme les filtres à air sur les voitures. Ces modèles de cartouche devraient bientôt être disponibles pour le recycleur Inspiration.


Pour ma pratique loisir personnelle et après de nombreux essais, j'ai notablement augmenté la durée d'utilisation de la chaux (par rapport aux préconisations d'APD), en fonction de la profondeur d'évolution et des conditions de plongée. Dans des conditions normales de plongée, en mer tempérée, j'ai pu faire des essais d'utilisation jusqu'à plus de 6 heures. Attention, ceci est un choix personnel qui pourrait être mortel pour d'autres personnes et je ne recommande pas d'aller trop loin dans ce genre de jeux. A titre indicatif, ma consommation en circuit ouvert est en moyenne de 12 l/mn voire 9 litres en mer chaude en balade. Ce qui me classe parmi les petits consommateurs et donc certainement avec une production de CO2 faible. Beaucoup de plongeurs ont des consommations proches des 15 à 17, voir 20 l/mn pour les moins entraînés et les forts gabarits. Pour info, un plongeur Inspiration a trouvé la mort par intoxication après une utilisation de la chaux dépassant les 8 heures.


En utilisation courante (plongée loisir/sportive dans la zone 0-60m) j'ai fixé mon temps max d'utilisation à 4 heures. Au prix de la chaux rien ne sert de prendre des risques inconsidérés.


Pour savoir comment utiliser votre cartouche de chaux et connaitre ses limites, je vous invite à lire l'excellent article de JM Belin (Utilisation du filtre à CO2) qui se trouve sur le site web Plongeesout.


 


Bidon de chaux Divesorb Draeger

Sofnolime (granularité 1,0 - 2,5mm)

Cartouche de chaux sodée, en cours de remplissage de sofnolime (Inspiration)

Le canister de l'Inspiration (Classic) sans la tête

Canister de Dolphin

Système d'injection


Une fois sorti de la cartouche de chaux, le mélange expiré par le plongeur est débarrassé de son dioxyde de carbone. Dans cette phase du traitement, le système d'injection va entrer en action pour envoyer du gaz riche en oxygène (nitrox pour un SCR) ou de l'O2 pur (CCR) afin de remplacer celui consommé par l'organisme.
L'idéal, pour un recycleur, est de remplacer uniquement l'oxygène métabolisé par l'organisme. Cependant, et en fonction du type de recycleur utilisé, les moyens et donc le résultat est différent et plus ou moins optimisé.


Le CCR Inspiration, à gestion électronique, cherchera à maintenir le taux d'O2 à une valeur de consigne établie. Pour atteindre cet objectif, le système est équipé de trois capteurs à oxygène qui vont analyser en permanence la pression partielle d'O2 dans la chambre d'injection, positionnée à la sortie de la cartouche de chaux. L'injection d'O2 est réalisée par une électrovanne pilotée par deux ordinateurs. Afin de paliers les problèmes de fiabilité du système de contrôle et de mesure, l'électronique est basée sur le principe de la redondance avec 3 capteurs d'O2 et 2 ordinateurs. Bien que l'Inspiration soit un appareil fiable, l'électronique reste le point faible du système. Les cellules O2 ayant quant à elles une durée de vie limitée.


Dans le système de commande, le premier ordinateur allumé (dans la cas de l'électronique Classic chaque ordinateur est allumé manuellement alors que sur l'électronique Vision l'allumage du système est général. C'est le système qui gère le fonctionnement de chaque ordinateur/contrôleur) devient le maître et prend en charge la gestion du mélange. A l'allumage, le second ordinateur effectue alors les mêmes contrôles que le premier mais juste pour comparaison. En cas de défaillance du maître (panne électronique, batterie faible, etc.), le second ordinateur prend le relais et devient, à son tour, le maître. Les ordinateurs reçoivent les informations des 3 capteurs de PpO2. La valeur de PpO2 utilisée est la moyenne des 2 capteurs ayant les valeurs les plus proches (principe dit de la voting logic). Le troisième capteur est ignoré. Le système peut ainsi fonctionner avec un capteur en panne. L'injection d'O2 est déclenchée (si besoin est) sur des intervales compris entre une et six secondes en fonction du gradient entre la valeur mesurée et la consigne. Le système d'injection et de contrôle de l'Inspiration est très performant, car il est capable de maintenir la pression partielle d'O2 dans une fourchette de 0,02 bar par rapport à la consigne.


Le SCR Dolphin est un système actif qui injecte du gaz en continu (en opposition au système passif qui injecte à la demande). Ce système est également dit à "débit massique constant" (constant mass flow).
Le principe consiste à envoyer, au travers d'une buse calibrée, une quantité de gaz constante, afin d'enrichir le mélange après le passage dans la cartouche de chaux sodée.
Afin d'assurer un débit constant de gaz, le Dolphin utilise des buses dites "soniques". Dans le cas d'un gicleur classique la quantité de gaz passant par le petit trou est fonction de la pression en amont de celui-ci. Plus la pression, en amont, est grande et plus la quantité de gaz passant dans l'orifice l'est aussi. Dans le cas d'une buse sonique, une fois que la pression en amont atteint une valeur égale, à environ, deux fois celle en aval, le débit devient alors constant quelque soit la profondeur. En d’autres termes, la masse d’oxygène délivrée au plongeur, par minute, reste constante.


Le gaz est généralement un nitrox, mais pourrait également être un trimix. Dans le cas du Dolphin la bouteille livrée d'origine est une 4 litres que l'on peut remplir avec des nitrox 60, 50, 40 ou 32%. En fonction du mélange utilisé, et donc de la profondeur max d'évolution, le circuit d'injection sera équipé d'un gicleur adapté. C'est à dire qu'il y a 4 gicleurs (ou buses) différents correspondants à chacun des mélanges utilisables.


Le gros inconvénient de ce système d'injection est que le taux d'oxygène présent dans la boucle respiratoire est variable et dépend de la consommation de l'organisme. La consommation d’oxygène du plongeur varie entre 1 l/min au repos et 2,5 l/min pour un effort intense. Le taux d'oxygène sera, dans tous les cas, à une valeur inférieure à celle du nitrox contenu dans la bouteille qui alimente le système. Pour évaluer la valeur du nitrox contenu dans la boucle et afin de calculer sa décompression, le plongeur peut soit, utiliser les abaques fournis par le fabricant, soit calculer, à l'aide de la formule suivante, la fraction d'oxygène contenu dans le mélange.


V x FO2 = FiO2 x (V-VO2) + VO2


V : le débit de la buse
FO2 : la fraction d'O2 injectée
FiO2 :la fraction d'O2 dans le mélange final
VO2 : la consommation d'oxygène du plongeur en litres/min


Ce qui nous donne, pour connaître la valeur du nitrox respiré :


FiO2 = ((V x FO2) - VO2) / (V - VO2)


Par exemple, si le plongeur utilise une bouteille avec nitrox 32%, le mélange respiré aura un taux de :


FiO2 = ((15,5 x 0,32) - 1) / (15,5 - 1) = 0,273


V : 15,5 L/mn (débit de la buse 32%)
FO2 : 0,32 (le taux du Nitrox dans la bouteille)
VO2 : 1 l/mn (la consommation d'O2 lors d'un effort modéré du plongeur)


Le mélange du nitrox respiré par le plongeur sera donc d'environ 27%.


Et pour terminer on peut également prendre le cas d'un recycleur de type mCCR. C'est à dire un circuit fermé à commande mécanique. Dans ce dernier le système d'injection est similaire à ce qui ce fait sur un SCR Dolphin mais le gaz injecté n'est plus un nitrox mais de l'oxygène pur envoyé à une valeur proche des 0,8 l/mn. Cette valeur est légèrement inférieure aux besoins physiologiques d'un plongeur au repos et évite donc l'excès de gaz dans le circuit et par conséquence le rejet à l'extérieur comme c'est la cas pour un SCR. Le mCCR comme le eCCR ne fait donc pas de bulles. En corollaire à cette injection réduite, la quantité d'O2 pour subvenir aux besoins du plongeur est insuffisante et c'est le plongeur lui-même qui devra compléter manuellement, par appui sur un bouton d'injection, jusqu'à atteindre la consigne comme dans le cas du recycleur Inspiration. Dans un mCCR il n'y a pas de système d'injection automatique d'O2 comme dans un eCCR. Le contrôleur d'O2 est remplacé par le cerveau du plongeur.


Pour aider les étourdis et par mesure de sécurité certains mCCR sont équipés d'une électronique dite "parachute" qui entre en action au cas où la PpO2 viendrait à passer sous une valeur définie par le système (généralement 0,4 bar). Ces recycleurs portent alors le nom de hCCR (h comme hybride).


 

Les différents éléments dans la tête du canister (électronique Classic)

Avec un SCR, l'excès de gaz est évacué.
Le boîtier d'injection du Dolphin
et ses gicleurs

Les sondes à oxygène


Les sondes à oxygène font partie du coeur du système et sont paradoxalement les éléments les plus fragiles et certainement ceux dont la durée de vie est la plus courte.
Elles ont comme principale particularité de s'user même si l'on ne s'en sert pas. Une cellule O2, c'est un peu comme une cigarette qui se consummera quoiqu'il arrive et qui le ferait d'autant plus vite que le vent serait important.


En règle générale, les sondes O2 ont une durée de vie allant de 1 à 2 ans au maximum dans un recycleur et sont données pour 36 mois en moyenne dans l'air par le constructeur. Sur un recycleur, une sonde est changée, en moyenne, tous les 18 mois. Une fois arrivée en fin de vie sur la machine les cellules O2 peuvent généralement encore servir quelques temps dans un analyseur O2.


Comme vue précédemment les sondes O2 s'usent non seulement dans l'air mais encore plus rapidemment dans une ambiance à forte concentration en O2. il est donc important d'en contrôler régulièrement l'état d'usure. Même une cellule neuve peut présenter des difficultés à fonctionner avec de fortes concentrations en oxygène.


Les sondes O2 fonctionnent sur le même principe que les piles par conversion d'énergy chimique en énergie électrique. On retrouvera donc une anode et une cathode séparées par de l'électrolyte et un courant circulant de l'une vers l'autre. Le courant circulant sera directement proportionnel à la quantité de molécules d'O2 présentes et de même pour la tension résultante entre les bornes de l'anode et de la cathode. Avec le temps et l'usure des matériaux (et de la perte de l'électrolyte) le courant ainsi que la tension délivrée par une sonde diminuera régulièrement.
Pour former une sonde complète, le coeur de la cellule précédemment décrit sera enfermé dans un petit conteneur en plastique avec une entrée d'un côté, protégée du milieu ambiant par une membrane hydrophobe, et de l'autre côté une sortie composée d'un connecteur électrique de type Molex ou Coaxial. Ce dernier est le plus fiable (qualité du contact et pérennité) et présente une meilleure protection vis à vis de l'environnement extérieur. Les premiers recycleurs Inspiration avec électronique Classic étaient montés avec une connectique Molex et avec l'arrivée de l'électronique Vision, l'ensemble des connecteurs ont adopté la version coaxiale. Lors des retours en atelier des vieilles machines APD propose d'ailleurs systématiquement le passage en connectique coaxiale.


La tension de sortie d'une cellule augmente de façon linéaire avec la pression partielle d'O2. Pour contrôler la bonne santé d'une sonde O2 on vérifiera sa capacité à monter avec l'augmentation (ou chute) rapide de pression partielle d'O2 mais aussi celle d'atteindre des hauts niveaux. Idéalement au moins 1,6 bars pour une application correcte dans un recycleur. La tension de sortie d'une cellule R22 dans l'air est de 10 ±3 mV à 25°C. Le temps de réponse est donné pour une valeur atteinte à 90% du maximum en moins de 6 secondes.


Dans les recycleurs APD et avant l'année 2011 on retrouvait principalement les sondes de type R22-2BUD de la marque Teledyne. Ces dernières avaient été spécialement faites pour les recycleurs de la marque AP Diving. Les sondes R22-2BUD avaient les mêmes caractéristiques que les R22D de la même marque à quelques détails près. Les R22-2BUD avait une thermistance qui permettait une compensation en température plus précise et elles avaient également été testées (capacité à monter et descendre et à atteindre des valeurs élevées ou basses de PpO2) spécialement pour un usage recycleur.


Depuis l'arrêt de la fourniture, par Teledyne, de sonde O2 pour recycleur, la société AP Diving s'est lancé, en 2011 à son propre compte et non sans mal, dans la fabrication de capteurs avec comme objectif de remplacer au plus vite les feus Teledyne . Les premières sondes fabriquées ont malheureusement souvent eu une durée de vie limités et le taux de retours chez le fabricant du même niveau. Les mois passant la qualité s'est amélioré mais, pour l'instant, sans égaler (de loin) le niveau de fiabilité des défuntes Teledyne. Vu l'importance que revêt ce petit élément, espérons que la fiabilité progressera rapidemment.


Fréquence de changement des cellules de votre recycleur :


Les fabricants de recycleur préconisent de changer les cellules entre 12 et 18 mois au plus tard. Cependant doit-on les changer toutes en même temps ou l'une après l'autre. Statistiquement si vous changez les 3 cellules de votre Inspiration en même temps, les probabilités que plusieurs tombent en panne en même temps augmentent fortement étant donné qu'elles ont une durée de vie identique. En prenant une durée de vie de 18 mois et avec 3 cellules il est donc recommandé d'en changer une seule et à tour de rôle tous les 6 mois (18 mois divisé par 3) afin de minimiser la probabilité que plusieurs cellules tombent en panne en même temps.


 

Tête de canister avec sondes à connectique coaxialeTête de canister Inspiration Classic avec 3 sondes à connectique coaxiale (bleu) + une molex au premier plan
Tête de canister Vision avec ses sondes à connectique coaxiale
Connection coaxiale de la celluleConnection coaxiale mâle
Connection coaxialle femele de la cellule O2Connection coaxiale femelle

Le HUD (Head Up Display / Afficheur Tête Haute)


Le rôle du HUD est de garder en permanence dans le champs de vision du plongeur un indicateur de la valeur de PpO2 dans la boucle. Cet indicateur informe le plongeur du niveau de PpO2 (trop haut, trop bas, OK) par l'allumage permanent ou clignotant de LEDs de couleur. Chaque fabricant déterminera quel sera le code et la fréquence des couleurs la plus adaptée pour informer le plongeur. Le HUD équipe aujourd'hui pratiquement tous les recycleurs de type CCR et est généralement monté en redondance d'un afficheur numérique. Il existe donc 2 lectures possibles de la PpO2 via l'afficheur numérique ou avec le HUD. Autre point important, le HUD est isolé de l'afficheur de telle façon que si un des deux tombe en panne le second peut toujours continuer à fonctionner.


Le HUD est composé, suivant les recycleurs, d'un jeux de deux LEDs de couleurs différentes voire d'un double jeux de deux LEDs. Chaque jeux de LED servant à afficher l'état de la PpO2 dans la boucle. Cela peut être une rouge et une verte mais on peut également trouver des LEDs blanches ou encore oranges.


Le HUD est généralement fixé sur le DSV (à droite ou à gauche) ou à proximité juste en face des yeux du plongeur et visible dans la partie basse du masque.


Pour l'électronique Vision le HUD est constitué de 2 jeux de LEDs (verte et rouge) positionnées verticalement (rouge en haut et verte en bas). Chaque jeux de LEDs étant commandé par un des contrôleurs (C1 ou C2)

En plus de l'indicateur de niveau de PpO2 le HUD couplé à l'électronique VISION permet d'afficher des alertes pour d'autres fonctions comme le niveau de pile bas, une erreur sur les cellules O2, une alerte tempstick (risque CO2) ou encore une alerte sur le capteur de pression.


Code couleurs
Signification

Signal vert permanent :


C1 et C2 (contrôleurs 1 et 2) sont tous les deux en Mode Plongée et la PpO2 est proche du Setpoint.

Signal vert clignotant :


La PpO2 est au moins à 0.2 bar au dessous du Setpoint.

Signaux rouges et verts clignotants ensemble sur C1 ou C2 ou les deux :


ERREUR SONDE respectivement sur C1 ou sur C2 ou sur les deux.

Signaux rouges clignotant sur C1 et C2 :
Clignotement rapide = alerte de forte PpO2 (plus de 1.6 bar)
Clignotement lent = alerte de PpO2 faible (moins de 0.4 bar)
L’alerte MANQUE OXYGENE est activée lorsque la PpO2 chute en dessous de 0.4 bar.
L’une ou les deux LEDs rouges flashent lentement, le beeper sonne et l’alerte MANQUE  OXYGENE est affichée en alternance avec la PpO2.


L’alerte TROP OXYGENE est paramétrée à 1.6 bar. L’une ou les deux LEDs rouges flashent rapidement, le beeper sonne et l’alerte TROP OXYGENE est affichée en alternance avec la PpO2, la profondeur et le temps de plongée.

Signal rouge et vert clignotant alternativement (rouge <-> vert) sur C1 ou C2 :


Alerte de PILE FAIBLE sur C1 ou C2

Signal fixe rouge C1 et C2 :
REGARDEZ TOUT DE SUITE LA CONSOLE. C’est une alerte générale faite pour attirer l’attention du plongeur vers la console. Elle est utilisée par exemple pour l’ALERTE CO2, les alertes CNS et OTU. Si le capteur de pression tombe en panne pendant la plongée, une alarme générale est indiquée sur le HUD (LED fixes rouges), le beeper sonnera et le message d’alerte PANNE CAPTEUR DE PRESSION sera affiché.


ALERTE CO2 : La première alerte est déclenchée lorsqu’il ne reste plus qu’un seul segment actif sur le côté droit de la jauge. Cette alerte peut être désactivée en maintenant le bouton droit appuyé pendant au moins 2 secondes (mais la plongée doit être abandonnée !). La seconde alerte est déclenchée lorsque la partie active du filtre est trop limitée pour fixer le CO2 avec efficacité. L’affichage de la jauge du filtre devient alors entièrement blanc. L’alerte ne peut pas être désactivée. Vous devez remontez et passer sur le circuit ouvert de secours.

 

BOV (Bail Out Valve)


La BOV ou Bail Out Valve est un équipement (de sécurité) qui intègre dans un même bloc un deuxième étage de détendeur circuit ouvert et un embout de recycleur.


Plusieurs types de BOV existent aujourd'hui sur le marché dont l'un des plus connus est le modèle commercialisé par la société Golem Gear. AP Diving, toujours en recherche d'amélioration et d'évolution de ses recycleurs, a présenté, lors du salon de la plongée à Paris en janvier 2008, une BOV de sa conception.
La BOV APD, comme le reste du recycleur, est de belle fabrication et son design avec ses formes arrondies lui permet de passer presque inaperçu malgré une taille plus importante que l'embout classique. De plus avec sa couleur noire et son capot jaune, elle s'intègre harmonieusement avec les recycleurs de la marque.


La BOV permet de passer rapidement, en cas de défaillance du recycleur, sur circuit ouvert sans quitter l'embout du recycleur. En plus de la rapidité de passage de la boucle du recycleur vers le circuit ouvert, la BOV permet d'éviter, en cas d'erreur, que les circuits respiratoires ne soient inondées avec les conséquences malheureuses que cela entraînerait.
La procédure de passage sur bailout, dans le cas d'un plongeur recycleur non équipé d'une BOV, est en effet, beaucoup plus longue et complexe, et donc potentiellement dangereuse. Avec l'embout classique de son CCR, le plongeur doit d'abord fermer son embout pour éviter la noyade de la boucle respiratoire et enfin prendre son détendeur de bailout tout en ouvrant la bouteille sur lequel il est relié (si celle-ci a été fermée pour éviter une perte accidentelle du gaz).


La BOV reste cependant un système de secours qui a rarement les performances des meilleurs détendeurs du marché. Elle servira donc souvent à une urgence avant de passer sur le le détendeur du bailout.

La BOV APD fonctionne de façon similaire à l'embout d'origine du recycleur. Par rotation de l'embout, dans un sens ou dans l'autre, on passe soit sur la boucle du recycleur soit sur le détendeur en circuit ouvert. Ce fonctionnement impose cependant, comme avec le DSV d'origine, l'utilisation des deux mains alors que sur une BOV Golem une seule main est suffisante car le système s'actionne par un gros bouton à tourner en façade de la BOV. Il est à noter que même si la BOV APD réclame l'utilisation des deux mains, cela se fait tout de même beaucoup plus facilement qu'avec l'embout d'origine grâce à une gâchette pour positionner les doigts et ainsi faciliter la rotation.


Sur les photos de droite on peut remarquer le tuyau moyenne pression qui arrive par la gauche (pour le plongeur et par la droite sur la photo) pour alimenter le détendeur de la BOV.


Comme tous systèmes qui a ses avantages, il ne faut pas oublier les inconvénients car une BOV en a tout de même quelqu'uns.
Le premier point négatif directement visible est l'encombrement et le poids de l'ensemble. Sans être une masse la BOV se ressent sur la bouche et semble nous faire perdre en agilité dûe à la fois au poids mais aussi au flexible moyenne pression connecté (variable suivant les modèles de BOV et le type de tuyau MP utilisé, classique ou Miflex plus souple). Ce tuyau (un de plus !) devra être branché, de préférence, à un bailout. Certains plongeurs le branche sur la bouteille de diluant interne du recycleur. Le problème majeur en sera l'autonomie réduite sachant, de plus, que la 3 litres sera déjà entamée. A quel point le sera t'elle lors de la survenue d'un incident qui nous forcera à passer sur la BOV ? Et que nous permet une bouteille de 3 litres entamée à 80 mètres de profondeur, voire plus, associée à un essoufflement ? Je vous laisse faire le calcul mais cela va se compter à la minute près, voire la seconde.
Autre point négatif, une BOV est une source de pannes supplémentaires et qui va ajouter de la complexité à un équipement déjà pléthorique. Sans oublier les connecteurs qu'il faudra ajouter ici et là pour amener la moyenne pression.


Concernant ce dernier point l'idéal est d'intercaler un connecteur rapide de type Swagelok QC6 entre la BOV et le Bailout. Celui-ci permettra d'accoupler ou de désaccoupler le recycleur du bailout lors des phases d'équipement et de déséquipement.


Et pour finir, n'oublions pas le prix de cet élément qui n'est tout de même pas donné gracieusement (entre 600 et 800 euros suivant le modèle - Golem Gear, AP Diving, V4Tec) et qui va demander un entretien supplémentaire et plus complexe que le simple DSV. Il faut également ajouter le coût des tuyaux (Miflex de préférence) et des connecteurs rapides (mâle/femelle) Swagelok QC6, soit environ 150 euros..


 

L'Inspiration avec le BOV L'Inspiration avec la BOV
Bail Out Valve Bail Out Valve AP Diving

WOB (Work Of Breathing)


Le WOB est souvent un argument avancé pour comparer et mettre en avant un modèle de machine par rapport à un autre. Sur le web on peut trouver quelques graphiques, généralement sous forme de Pareto, pour comparer les WOB des différents recycleurs du marché.


Mais en fait, qu'est-ce que le WOB exactement ?


WOB est l'acronyme anglais de "Work Of Breathing" (travail de la respiration) et est exprimé en joule par litre. Nous avons tous déjà vu un graphique représentant les performances d'un détendeur. Celui-ci se présente généralement sous une forme ovoïde (plus ou moins déformée et aplatie selon les caractéristiques du détendeur) positionné de part et d'autre de l'axe des abscisses (exprimé en litres) du graphique et qui représente le 0 de l'axe des ordonnées qui eux sont exprimés en millibars.


Depuis 1995 tous les appareils respiratoires, en vu de leur certification CE, doivent subir des tests afin de mesurer le travail nécessaire pour vaincre les différentes forces de résistance qui s'opposent à la libre ventilation. Plus cette force de résistance sera grande et plus la respiration sera difficile et les risques d'essoufflement grand. Le WOB est donc une composante importante, voire même primordiale, qui caractérise toutes les machines respiratoires.


Pour un recycleur le WOB sera fonction des caractéristiques du circuit respiratoire et les éléments qui affecteront les résultats sont nombreux et variés :

  • la longueur de la boucle,
  • le diamètre des tuyaux,
  • le canister (axial/radial) avec la chaux (plus ou moins tassée et suivant la forme des granulés)
  • les coudes ou rétrécissement présents sur le circuit ou en règle générale tout éléments pouvant ralentir le flux,
  • les gaz utilisés,
  • etc.

Au premier essai d'un CCR la résistance ventilatoire ne sera pas vraiment perceptible. Par contre celle-ci se fera plus facilement ressentir avec la profondeur (densité des gaz qui augmente) et la fréquence de la ventilation lors d'un effort.


Il ne faut pas oublier que dans un recycleur, au contraire d'un détendeur, la seule force disponible pour faire avancer le mélange dans la boucle est celle des muscles ventilatoires du plongeur.
A cause du WOB les recycleurs sont rarement homologués à des profondeurs supérieures à 40 mètres (50 initialement pour l'Inspiration Classic) avec un diluant air. Il est d'ailleurs sage de passer au trimix dès la profondeur de 40 mètres atteinte. De plus, vu la consommation en gaz diluant avec un recycleur, l'utilisation de l'hélium pourrait même être systématiquement préconisé quelque soit la profondeur et sans se ruiner.


Le WOB est testé dans un appareil idoine (banc ansti) et avec un protocole précis. Avant de comparer différents WOB, il convient donc de s'assurer que les tests ont bien été effectués dans des conditions rigoureusement identiques. Ce qui malheureusement est difficilement vérifiable et entraîne bien souvent des graphiques comparatifs farfelus. Difficile dans ce cas de se faire une idée juste des arguments avancées. Cependant dans le cadre de la certification CE on peut espérer que les tests soient effectués scientifiquement avec la rigueur escomptée et enfin que les valeurs de WOB diffusées soient dignes de foi. Ces données seront alors une des bases la plus pertinente pour effectuer une première comparaison.


Cependant est-ce que le recycleur avec la meilleure valeur de WOB sera le plus agréable sous l'eau ?
Pas sûr! Il nous est déjà tous arrivé de comparer différents détendeurs sous l'eau sans en percevoir réellement la différence. Avec un recycleur, il y a de fortes chances qu'un essai fait trop rapidement nous amène à la même conclusion.


Sur un recycleur ce type de test risque, en effet, d'être difficile car les écarts de valeurs sont souvent minimes (quelques dixièmes de joules d'écart en plus ou en moins) et imperceptibles pour le commun des mortels mais aussi parce que d'autres éléments viendront certainement perturber ou tromper nos sensations. Le WOB est une chose mais il y en a d'autres qui peuvent venir perturber les sensations et induire en erreur comme les écarts de pression hydrostatique entre les poumons du plongeur et les faux poumons du recycleur. Ceci peut-être dû à un mauvais réglage de l'équipement sur le dos mais aussi inhérent au mode de fonctionnement choisi pour le recycleur. Typiquement le mode de montage des faux poumons, dorsaux ou d'épaule est l'exemple parfait.

Il m'a, par exemple, été difficile de donner un avis objectif lors du premier essai d'un recycleur rEvo (faux poumons dans le dos en opposition aux faux poumons sur les épaules de l'Inspiration) car le confort respiratoire était variable en fonction de la position (passant d'excellent à moyen), ce qui n'est pas du tout le cas sur un Inspiration avec faux poumons d'épaules. Ceci engendre malheureusement une sensation désagréable qui gâche ou tempère l'impression finale. Et pourtant le WOB d'un rEvo est donné pour 2,4 contre 2,5 pour l'Inspiration, ce qui en soit reste, à mon avis, absolument négligeable et imperceptible.


En conclusion, je pense qu'il ne sert à rien de se focaliser sur le WOB car d'une part les valeurs mesurées sur les principales machines du marché dignes de ce nom sont généralement proches et objectivement imperceptibles, mais aussi car d'autres éléments (objectifs ou non) risquent de venir perturber vos sensations/impressions et donc d'affecter votre jugement lors d'un simple essai ou vous aurez déjà beaucoup d'éléments nouveaux à prendre en compte. Le WOB est cependant une caractéristique importante et primordiale du recycleur. Il est donc hors de question de la négliger et il faudra, au moins, s'assurer que les données constructeur sont bien dans la moyenne (haute de préférence) des valeurs constatées parmi les challengers de votre panel.


 

Schéma du recycleur Inspiration


Voici les schémas de fonctionnement des recycleurs Inspiration (électronique Classic et Vision) ou Evolution (électronique Vision). Ces schémas sont tirés des manuels des recycleurs Inspiration ou Evolution et que vous pouvez trouver sur le site web du fabricant AP Diving.



Schéma Inspiration électronique Classic

Schéma Inspiration/Evolution électronique Vision

 

Electronique Vision (avec les évolutions au fil du temps, 2005 à aujourd'hui)




Février 2005 :


Le salon de la plongée 2005 a vu l'arrivée et surtout la commercialisation officielle de l'électronique Vision qui est embarquée sur le nouveau recycleur Evolution mais également proposée en série ou en upgrade pour les Inspirations. Ce dernier est maintenant disponible avec 2 électroniques au choix (Classique (également avec l'orthographe "Classic" en anglais) ou Vision). La nouveauté de cette électronique réside principalement dans un enrichissement et une amélioration du système d'affichage des informations et une meilleure couverture de contrôle des éléments embarqués. Un ordinateur pour la décompression, intégré à l'afficheur, fait également son apparition. A terme, les Inspirations et Evolutions Vision vont complétement remplacer les modèles Classic. Les modèles Classic resteront encore en vente pendant quelques années avant disparition.


Vue de l'extérieur l'électronique Vision est facilement reconnaissable par son nouveau boîtier d'affichage rectangulaire et unique (afficheur + ordinateur pour la décompression) qui vient remplacer les 2 gros contrôleurs de PpO2 de l'Inspiration Classic. Fixé sur l'embout (dans le champs de vision du plongeur), un double afficheur tête haute (Dual Head Up Display ou plus simplement HUD) équipé de 2 paires de leds (2 vertes et 2 rouges) informe le plongeur des variations de la PpO2 (en plus du buzzer et de l'afficheur) mais aussi des éventuels disfonctionnements des différents éléments du recycleur (piles, sondes O2 et alertes diverses).
Les deux ordinateurs pour le contrôle de la PpO2 sont maintenant placés dans la tête du canister (avec les afficheurs sur l'électronique Classic) qui a également changée de look. Ces derniers sont fixés avec les cellules O2 et le boîtier des piles, sous le couvercle plat du canister. L'ensemble se glissent à l'intérieur du canister à la suite de la cartouche de chaux.


Sur le nouveau scrubber/canister, le couvercle est verrouillé par 3 écrous papillons quart de tour. Le mode de fixation est plus rapide mais inspire, en apparence seulement, moins le respect que les 4 gros boulons de son prédécesseur. L'avantage de cette nouvelle tête est aussi une meilleure accessibilité des cellules O2 pour la maintenance. A l'usage cette nouvelle tête est vraiment plus pratique.


Dans la cartouche, une sonde plongée au coeur de la chaux mesure la température et le point chaud afin d'évaluer le taux d'usure de celle-ci (et donc l'efficience de l'absorbant du CO2). La lecture de cette information est reportée sur l'afficheur. L'arrivée de la sonde entraîne cependant l'apparition d'un fils électrique et d'un connecteur qu'il faudra brancher et débrancher à chaque manipulation sur le canister.
Il faut bien être conscient que cette sonde ne peut en aucun cas être comparée à un capteur de CO2 comme il m'est arrivé de le lire dans certains articles. Les cas de channeling ou de by-pass (joint de la cartouche mal positionné, valve anti-retour défectueuse) des gaz en général ne sera pas détecté par cette sonde.


L'autre grand changement est l'intégration d'un ordinateur pour la décompression (algorithme Bühlmann ZHL16a-1b avec les facteurs de conservatisme - gradient factors) nitrox et trimix. Le fonctionnement de cet ordinateur est très facile à appréhender et complet (type Shearwater Pursuit).


En plus des descriptions et remarques précédentes nous pouvons également noter les évolutions suivantes :

  • meilleure connexion sur les cellules O2 (coaxiale au lieu de Molex 3 pins),
  • gestion intelligente des piles (choix de la pile utilisée, affichage du niveau de tension de chaque pile, alertes, etc.)
  • passage automatique (réglable en fonction de la profondeur) d'un setpoint à un autre,
  • interface pour le téléchargement à partir d'un PC vers l'ordinateur du recycleur et inversement (mise à jour logiciel, remontée des paramètres de plongée, etc.).

Pour connaître en détails cette nouvelle électronique, je vous renvoie au manuel d'utilisation que vous trouverez sur le site web d'AP Diving.


Passons maintenant à un sujet qui fâche : le prix. Le recycleur Inspiration avec l'électronique Classic est vendu (tarif année 2011) au prix de 4039 Livres Sterling hors options. Le même recycleur avec l'électronique Vision est vendu 4794 Livres hors option. L'upgrade de l'Inspiration, ancienne génération, vers l'électronique Vison est de 2520 Livres . Les options associées à l'électronique vision sont de :

  • 306 Livres pour le scrubber monitor (sonde d'analyse d'usure de la chaux),
  • 117 Livres pour le logiciel de déco Nitrox,
  • 117 Livres pour le logiciel de déco Trimix.

Si votre Inspiration n'est pas trop vieux et que vous pouvez en tirer un prix correct en occasion, il est préférable de vendre l'ancien modèle, et de racheter le nouveau équipé de l'électronique Vision plutôt que de faire un upgrade. Le prix de l'upgrade de l'électronique représente presque la moitié du prix du modèle Vision et 62% du prix de l'Inspiration avec l'électronique Classic. Autant dire qu'il y aura peu de plongeur Inspiration (ancien modèle) prêt à débourser le coût d'un upgrade.


En conclusion, l'électronique Vision apporte beaucoup d'améliorations et amènera certainement nombre de possesseurs de vieux Inspirations à se poser la question du renouvellement (je ne parle pas de l'upgrade qui, à mon avis, ne présente aucun intérêt, en terme de rapport prestations/prix). Quelques plongeurs souhaiteront cependant garder les anciens contrôleurs de PpO2, plus simples d'utilisation et surtout très facile à trouver en occasion pour une somme modique.
L'arrivée de cette nouvelle électronique permettra certainement au marché de l'occasion de s'enrichir de nombreux modèles "Classic" pour le plus grand bonheur des plongeurs qui n'avaient pas les moyens, et/ou pas le désir, d'acheter le dernier modèle au prix fort. Le prix d'un Inspiration Classic sur le marché de l'occasion se négocie à environ moitié prix du neuf, voire moins. Un bon moyen d'acquérir une machine de bonne qualité et de type CCR sans se ruiner.


Juillet 2012, nouvelle version de soft pour la console Vision + modif hard de cette même console :


Fin juillet 2012 AP Diving annonce la nouvelle version du soft de la console Vision. Ce dernier passe directement de la version V02.01.04 à V05.01.00. Cette dernière mouture du firmware intègre de nouvelles fonctionnalités et améliorations mais prend plus particulièrement en compte la demande des écoles de formation Nord Américaines en adaptant le mode de fonctionnement de la machine aux cycles de formation de ces mêmes agences. On connaissait les options nitrox et trimix (options accessibles par clé software) pour accéder à différents modes de fonctionnement de la machine mais aujourd'hui apparait également les modes Recreational 1 et 2 respectivement pour les plongées limitées aux zones 18 et 40 mètres.


Avec ces évolutions du soft apparait également de nouvelles versions des logiciels APDCommunicator et APDLogViewer. Tous les utilisateurs seront informés directement par AP Diving de ces nouveautés par mail et pourront ainsi upgrader eux-mêmes le firmware de la console Vison par l'intermédiaire du logiciel APDCommunicator.


Ci-dessous un petit aperçu des principales nouveautés/fonctionnalités :


Contrôle de pré-plongée :
Dorénavant si une sonde O2 est mal connectée ou HS il suffit de la rebrancher ou de la remplacer et de continuer le test, qui est relancé, sans avoir à éteindre et redémarrer la console.
L'affichage du résultat des tests de l'électronique interne a été amélioré pour savoir, sans ambiguïté, s'il est positif ou non. De la même façon quelques messages de diagnostic ont été également revus toujours dans le but d'en améliorer la compréhension.
Quelques contrôles d'accessoires (ouverture valve de surpression des faux poumons, contrôle valve anti-retour) avec acquittement ont été ajoutés dans le déroulement de la liste des opérations à effectuer par le plongeur.


Mode plongée :

  • Le fonctionnement des piles a été légèrement retouché pour augmenter plus particulièrement la durée de vie de la pile esclave.
  • L'affichage de la tension des cellules en mVolt est maintenant possible.
  • Un double bip a été ajouté (plus un flash rouge/vert sur le HUD) quand le contrôleur esclave prend la main sur le principal.
  • Un double bip a été ajouté (plus double flash vert sur le HUD) lors du passage du high vers le low setpoint.
  • Une nouvelle option de changement des Setpoints a été ajoutée. Il y avait les changements manuels puis auto qui se faisaient à front carré et maintenant il est possible d'effectuer un changement progressif d'un point vers l'autre par incrément de 0,1 bar.
  • Lors du passage sur bailout le setpoint est automatiquement passé sur le low setpoint afin de faciliter le contrôle de la flottabilité.
  • Des alertes d'usure de la chaux ont été ajoutées.
  • La liste des mélanges bailout disponibles est réduite de 12 à 6.
  • Si une des cellules prend une valeur extrême elle est alors invalidée et le recycleur continue à fonctionner avec les 2 autres.

A signaler également une autre évolution mais cette fois-ci hardware et non des moindres. Tous les nouveaux recycleurs fabriqués depuis l'été 2012 sont équipés d'une mise en route automatique de l'électronique par 2 contacts humides, placés sur les côtés de la console Vision (photo ci-dessus), afin d'éviter des étourderies qui ont couté des vies !


Février 2014, fusion des sociétés AP Valves et AP Diving :


Afin de gagner en clarté, AP Valves fondée en 1969 par David Parker et connue pour ses équipements de plongée fusionne avec sa petite soeur AP (Ambiant Pressure) Diving qui est spécialisée dans la fabrication et commercialisation de recycleurs à circuit fermé.


Dorénavant AP Diving fabriquera et vendra tous les produits, recycleurs et équipements pour circuits ouverts (gilets et accessoires) sous une seule marque. L'ancienne dénomination "Buddy" que l'on connaissait avec le recycleur Buddy Inspiration ou encore le gilet Buddy Commando deviennent respectivement AP Inspiration et AP Commando.
La gamme des Recycleurs APD voit ses appelations transformées avec l’Inspiration XPD (bloc 3 litres et grand canister), l’Inspiration EVO (précédemment Evolution avec blocs 2 litres et petit canister) et l’Inspiration EVP (précédemment Evolution Plus avec bloc 2 litres et grand canister). Ces nouvelles appelations apparaissent maintenant de couleur grise à la verticale sur le capot des machines.

Les nouveaux recycleurs AP Diving


Un autre changement, bien visible, est apporté au logo de la marque qui se voit modernisé et décliné avec la mention "Built for adventure".

Le nouveau logo AP Diving

Fin juilet 2014 sortie du HUS (Head Up Screen) et du pack d'accus rechargeable :

Voir chapitre suivant : Le HUS (Head Up Screen).


Août 2015, nouvelle console Vision avec afficheur couleur :


Mi-août 2015 AP Diving informait, par mail, ses clients de l'arrivée de la nouvelle console Vision avec afficheur à cristaux liquides couleur. Après la sortie du HUS (Head-up Screen), un an plus tôt, APD nous gratifie enfin de l'évolution que tous les utilisateurs d'Inspiration attendaient. Il est vrai que le HUS n'a pas vraiment emballé les foules car d'un intérêt limité à quelques utilisations spécifiques. La question que tout le monde avait aux lèvres était bien de savoir quand est-ce qu'APD allait enfin se mettre à niveau avec ses concurrents et surtout au goût du jour technologique. En effet, les premiers ordinateurs couleurs ont déjà quelques années derrière eux et ont mis, au passage, un petit coup de vieux aux afficheurs monochrome même si personnellement j'apprécie toujours la console d'origine (démodée mais pas dépassée). Un afficheur couleur est vraiment un plus en terme de lisibilité aussi bien de jour que dans le noir mais plus encore dans la touille.


Pour l'apparence, APD nous annonce un écran 43% plus large et de plus monté dans un boitier 40% plus petit. Le réel plus par rapport aux écrans OLED des ordinateurs actuels est qu'APD a joué non seulement sur les couleurs des caractères mais aussi sur l'affichage en surimpression comme sur un ordinateur de bureau. La console Vision peut donc afficher des caractères en blanc sur fond noir, blanc sur fond rouge, vert sur fond noir, noir sur fond jaune, etc. Bref, un nombre important de rendus différents en fonction du niveau d'information requis (normal, attention, danger, etc.). Les informations affichées restent proches de ce qui existait sur l'ancienne console mais avec un net gain pour la lisibilité et ce quelque soit les conditions de plongée.


Sur cette nouvelle mouture j'ai cependant un petit regret pour les anciens boutons piezo (sans aucune pièce en mouvement) parfaitement intégrés au design de la console qui ont disparus au profil de simples boutons à contact magnétique et qui présentent un aspect plus cheap. Au delà de cette impression, espérons surtout que la fiabilité de ces derniers restera de niveau équivalent.


Autres points importants :
- le câble qui relis la console au canister sera plus souple et renforcé avec du Kevlar.
- La consommation globale devrait baisser et donc permettre une meilleure autonomie des accus.
- Le transfert des données se fera via bluetooth.
- Les utilisateurs pourront choisir différents thèmes (choix des couleurs comme pour un ordinateur de bureau) pour l'affichage de la console et même se créer leurs propres thèmes.
- Sans oublier que les options présentes (richesse des données affichées, tempstik, capteur CO2, etc.) sur l'ancienne console sont, bien sûr, reportées sur la nouvelle.


En conclusion, cette nouvelle console couleur "made in APD" se met non seulement au niveau de ses concurrents avec l'apport de la couleur mais elle intègre également de nouvelles fonctionnalités qui devraient lui permettre de se démarquer des solutions proposées par les autres fabricants de recycleurs. J'ai d'ailleurs toujours estimé que la console APD avait une large avance sur ses concurrents de part la richesse des fonctions qu'elle intégrait. La solution propriétaire qui dans bien d'autres domaines se révèle guère intéressante (en terme de coût et de solutions proposées), nous démontre dans ce cas, que lorsque le fabricant maîtrise son activité cela peut devenir un réel avantage.


Mai 2016, nouvelle version de soft pour la console Vision


AP Diving nous annonce l'arrivée d'un nouveau Firmware développé pour l'Electronique Vision avec afficheur monochrome (inclu les contrôleurs et l'afficheur de poignet). La dernière mise à jour était la version V05.02.01, mise à disposition en juillet 2013. Ce nouveau Firmware, version V06.00.20, peut être installé sur toutes les Électroniques « Vision » (afficheur monochrome) et apporte quelques améliorations suivant le type d'équipement embarqué dans votre recycleur. AP Diving nous précise que ce nouveau soft est en conformité avec l'Annexe B (Safety-Critical Software) du dernier standard Européen recycleur EN14143:2013 et que l'installation de ce dernier ne pourra se faire qu'avec la nouvelle version du logiciel AP Communicator.


Les grandes nouveautés de ce nouveau firmware sont :


  • Un délai supplémentaire a été ajouté pour l’auto-démarrage afin de faire la distinction entre un simple rinçage de l’afficheur et une vraie mise à l'eau.
  • Modification du mode « Setpoint Graduel » sur les versions Nitrox et Trimix pour maintenir le setpoint le plus haut possible en cas de palier à effectuer.
  • Modification afin de s'assurer que les profondeurs de changement des Setpoint choisies par l'utilisateur restent bien ceux par défaut.
  • Affichage possible des valeurs en mVolt des cellules durant l'étalonnage en effectuant un appui long sur le bouton de gauche.
  • Possibilité de plonger même si le capteur de pression est diagnostiqué en panne au démarrage du recycleur. Si le choix de plonger est fait, aucune information de profondeur et de décompression ne sera affichée.
  • Quelques alarmes sonores ont été modifiées suite au contrôle des cellules et du capteur de CO2, ce qui ne va pas obligatoirement plaire à certains. La panne du capteur de CO2 n'empêche pas de plonger.
  • Gestion du HUS ajoutée.
  • Optimisation pour une meilleure gestion du pilotage des accumulateurs.
  • Un nouveau logo apparait.

 

Afficheur électronique VisionFévrier 2005, l'électronique Vision arrive avec un nouvel afficheur
La tête du canister VisionVue extérieure de la tête du canister Vision
Vue intérieure de la tête du canister Vision
Les contacts humides Juillet 2012, deux contacts humides apparaissent sur les côtés de la console Vision
Les boîtes à pile étanchesJuillet 2014, nouveaux logements étanches pour des piles CR123
La nouvelle console Vision couleurAoût 2015, la nouvelle console Vision couleur est arrivée

Le HUS (Head Up Screen) et le pack d'accus rechargeable


Fin juillet 2014 AP diving informait ses clients de l'arrivée de quelques nouveautés, l'AP HUS (Head Up Screen) et le pack d'accus rechargeable pour une meilleure autonomie.


Le pack d'accus rechargeable :

 

Comme on devait un peu s'y attendre les anciennes piles CRP2 puis CR123 sont remplacées par un pack d'accus rechargeables, mais cela ne va pas sans ses avantages et inconvénients.


Les caractéristiques du pack d'accus rechargeable :

  • 2 batteries physiquement et électriquement séparées et isolées,
  • cablé en dur aux contrôleurs du recycleur,
  • double la capacité des anciennes piles CR123,
  • rechargeable à partir d'une source 100-220v ou d'une batterie 12v via la prise allume-cigare,
  • chargeur rapide 4 heures (livré avec un kit adaptateurs ad hoc avec une connexion worldwide),
  • clip pour isoler la batterie du circuit principal lors de la charge ou lors du transport de la machine pour éviter une mise en marche accidentelle,

Avec le pack batterie le système de gestion intelligente de l'énergie de l'électronique Vision reste toujours d'actualité. Le seul petit reproche que l'on pourrait faire à cette nouveauté est que le pack accus est monté en dur en usine et qu'il demandera un retour chez le fournisseur en cas de problème. Donc si vous avez un souci d'accus à l'autre bout du monde ou pendant vos vacances il sera impossible de passer, par exemple, sur de simples piles. De même qu'en fin de durée de vie le retour sera obligatoire avec les frais de transport et le temps d'immobilisation que cela implique. Pour ce dernier point (temps d'immobilisation) même si AP Diving reste généralement tout à fait raisonnable cela ne sera pas obligatoirement du goût de tout le monde. Reste donc à voir à l'usage si la durée de vie de ce pack accus sera à la hauteur des enjeux.

Le tarif pour le pack batterie rechargeable est de 300£ TTC (à la date de sortie de cette évolution) pour un upgrade et inclus dans le prix car monté en série sur les nouvelles machines livrées à partir de novembre 2014.


L'AP Head Up Screen (HUS) :


Le HUS (Head Up Screen) APD ressemble étrangement à un HUDC (Head Up Dive Computer) de Seabear Diving Tecnology ou encore un Shearwater NERD (Near Eye Remote Display) et vous affiche, sous les yeux (en lieu et place du HUD actuel), toutes les informations utiles pour votre décompression sans avoir à toucher ni a manipuler quoi que ce soit. Le HUS embarque également ce que l'on retrouve de mieux en matière d'affichage d'ordinateur de plongée actuellement comme les OLED couleurs qui vous assureront une lecture optimale quelque soit les conditions et la visibilité du moment.


En résumé, c'est un petit ordinateur de plongée que vous avez en permanence devant les yeux et qui vous donnera accès à toutes les informations que vous aviez l'habitude de consulter à votre poignée.


Le HUS est un afficheur secondaire et ne remplace pas la console Vision. La console Vision avec toutes les informations que vous connaissiez restent donc toujours d'actualité. Le HUS remplace seulement physiquement le HUD en lieu et place. Le HUS et la console Vision sont branchés sur le même bus I2C et la perte d'information sur l'un aura certainement les mêmes effets sur l'autre. Cependant, une panne de la console n'entrainera pas obligatoirement la perte du HUS et inversement du moment que le bus I2C de transmission des données reste opérationnel. Ce sont 2 appareils différents connectés sur un même bus de données.


Le HUS sera particulièrement apprécié des photographes ou de tout autres plongeurs qui ne peuvent pas quitter leur sujet du regard et qui ont les mains occupés en permanence. Il faut cependant avoir conscience que même si le HUS reste compact pour un ordinateur de plongée il n'a tout de même pas la discrétion du HUD APD. Ce dernier point pourrait donc rebuter certains plongeurs intéressés mais qui ne supportent pas d'avoir un bloc trop proéminent devant les yeux. A signaler tout de même que le HUS est fixé sur un bras articulé (comme pour les flash sous-marin), ce qui permet un réglage et une orientation très précise devant les yeux du plongeur. Quant aux plongeurs qui ne sont pas à quelques secondes près pour lever le poignet, le HUS n'apportera pas de réelle plus-value.

Le dernier point qui fera également réfléchir est le coût de cette option. Il faudra compter 900£ pour le HUS si il est commandé en option avec une machine neuve et 1290£ TTC pour un upgrade. Cet update comprend un changement de la tête et des 2 contrôleurs + montage de votre solénoïde et batterie box dans la tête neuve + lid service.

Notons tout de même, pour consolation, que le tarif du HUS APD reste beaucoup moins cher que l'équivalent NERD de Shearwater. Pour les amateurs de ce type de technologie le choix APD reste donc très intéressant.


Pour terminer ce chapitre sur les tarifs APD en vigueur, à partir du 25 octobre 2014 tous les modèles d'INSPI (XPD, EVP et EVO) seront livrés en série avec le pack d'accus rechargeables.
Le tarif pour une "machine Vision de base" sans aucune option passera à 5220£ soit au cours actuel (fin 2014) de la Livre environ 6579€. Ce qui correspond à une hausse d'environ 500€. Cependant, bonne nouvelle, les tarifs des options (Temps Stick, ADV et flow stop, soft Tx, CO² monitor...) ne changeront pas.


Voici donc quelques belles évolutions chez AP Diving mais mon petit regret est que j'aurais tout de même préféré voir arriver une nouvelle version de la console Vision en version OLED (août 2015). En effet, je trouve que l'électronique Vision avec sa console était certainement l'élément principal qui donnait une longueur d'avance à l'Inspiration par rapport aux autres recycleurs du marché qui devait se contenter des solutions offertes par d'autres fabricants. Cependant avec l'arrivé des affichages OLED la console Vision a pris un petit coup de vieux qui même si cela n'est pas rédhibitoire mériterait un léger rafraîchissement.

 

 

Le pack batterieLe nouveau pack accus
Le Head Up ScreenLe Head Up Screen
Le Head Up ScreenLes informations du Head Up Screen

Capteur de dioxyde de carbone (CO2)


Dans sa newsletter d'octobre 2013 AP Diving annonce la commercialisation officielle de son premier capteur de CO2 pour recycleur. Le boîtier du capteur viendra se loger dans la tête du canister à côté des cellules O2 et fonctionnera de concert avec l'électronique Vision. Les dernières versions des softs Vision embarquent d'ailleurs déjà le code adéquat pour la gestion de ce nouveau capteur. Ce dernier mesurera, en permanence, le taux de dioxide de carbone (CO2) dans la boucle du recycleur afin d'alerter le plongeur dès que le niveau de co2 s'approchera d'un seuil dangereux. Le niveau élevé de CO2 peut avoir pour origine plusieurs causes comme une usure prononcée de la chaux ou encore un mauvais assemblage (souvent lié au positionnement du joint) permettant au gaz de contourner la cartouche filtrante. La connection du capteur sera de type plug and play et deviendra immédiatement active dès le branchement effectué. Le soft Vision n'aura plus qu'à activer l'affichage sur la console avec les alertes associées. Le capteur de CO2 pourra être associé ou non au tempstick et pourra ainsi venir compléter efficacement la mesure d'usure de la chaux.


Il nous reste plus qu'à attendre les retours d'expérience pour en apprendre un peu plus sur l'efficacité de cette sonde. De rares recycleurs sont également équipés d'une sonde CO2 comme le Sentinel, de VR Technology, dans sa version "Expédition" mais sa distribution reste très confidentiel et donc de même pour les retours d'expérience. Cependant et pour en revenir à AP Diving, je reste tout à fait confiant car ils nous ont largement prouvé qu'ils étaient capable de maîtriser les nouvelles technologies embarquées et qu'ils n'hésitaient pas à mettre les moyens pour corriger ou faire évoluer le produit si besoin était.


Pour info : dans cette même newsletter APD annonce le lancement d'un nouveau boîtier de contrôle (Cell Validator) permettant de tester les cellules O2 sous pression et in situ. Ce petite montage reste d'une grande simplicité et d'une efficacité redoutable. Sa pincipale force est de permettre le contrôle des 3 cellules en même temps et donc de se rapprocher des conditions réelles d'utilisation. Avec cet appareil on pourra non seulement contrôler une simple défaillance de cellule mais aussi des anomalies quasi-impossibles à mettre en évidence à terre comme la réactivité disparate entre plusieurs capteurs et qui génèrent des "Cell Warning" à chaque montée ou descente un peu rapide de la PpO2. Une séance de tests, au préalable, permettra de mettre rapidemment de côté les cellules récalcitrantes et en corolaire, peut-être, de sauver quelques plongées.


 

Le capteur de CO2Le capteur de CO2

Avantages et inconvénients du recycleur


Avantages du recycleur :


Un des premiers avantages découle du principe même de fonctionnement d'un recycleur :
- autonomie.
Cette autonomie est maximale pour un CCR à gestion électronique de type Inspiration. Elle est d'environ 6 heures avec une bouteille de 3 litres à 200 bars d'oxygène. Et ceci quelle que soit la profondeur d'évolution.
Avec un SCR (Dolphin) l'autonomie est moindre et est fonction du mélange nitrox utilisé et de la profondeur. Avec une bouteille de 4 litres de nitrox, l'autonomie varie d'environ trois quart d'heure (Nx32) à 2 heures (Nx60).
De ce premier avantage ont en déduira un autre qui est la :
- consommation de gaz réduite.
La consommation est surtout intéressante dans le cadre des plongées Trimix où le coût de l'hélium est élevé. Ceci est particulièrement vrai pour un CCR.
Les recycleurs sont des appareils qui ne font pas (CCR) ou peu (SCR) de bulles. Ce qui veut dire une évolution en :
- silence.
Le monde du silence devient enfin une réalité et permet une approche douce des animaux sous-marins. Ce critère peut-être particulièrement intéressant pour les photographes et les biologistes.
Les recycleurs utilisent, dans tous les cas, des mélanges (plus ou moins) optimisées et avec une forte teneur en O2. La conséquence en est une :
- décompression optimisée.
Ceci est particulièrement vrai pour les CCR (PpO2 constante et quantité d'azote minimale) et moins pour les SCR (le mélange respiré a toujours un taux d'oxygène inférieur au mélange nitrox embarqué). En terme de décompression un SCR est moins intéressant qu'un simple bloc nitrox. Les SCR multigaz apportent cependant une bonne solution (gaz fond et gaz déco).
Le mélange expiré par le plongeur est débarrassé du CO2 dans la cartouche de chaux (réaction chimique qui produit de l'eau et de la chaleur) et revient (après enrichissement en O2) :
- chaud et humide.
Ces 2 dernières caractéristiques contribuent à limiter le refroidissement du plongeur et évitent d'avoir la gorge sèche.


Certains plongeurs recycleurs décrivent également l'absence de poumon ballast comme un avantage. Je serais plus réservé à ce sujet. Il est vrai que cela procure une grande stabilité à équi-profondeur. Mais cela devient gênant quand vous désirez jouer aux montagnes russes. En bref, match nul.


Un autre avantage d'un CCR est l'utilisation d'oxygène pur. Il n'est donc pas besoin de préparer, au préalable, un nitrox comme sur un SCR.


Inconvénients du recycleur :


Les avantages ne viennent généralement pas sans les inconvénients.


Un des premiers freins à l'achat d'un recycleur est le :
- prix élevé.
En plus du coût du recycleur lui-même, les consommables sont en plus grand nombre et dispendieux (chaux, O2 ou nitrox). Ceci entraîne un :
- coût à la plongée plus élevé qu'en circuit ouvert.
Le critère coût sur un recycleur devient un avantage dans le cadre des plongées Trimix car l'hélium est un gaz cher et la consommation en est réduite.
Avec un recycleur il y a un avant (préparation) et un après (nettoyage) plongée beaucoup plus long et minutieux qu'avec un circuit ouvert. En clair, il y a un :
- entretien complexe et long.
Le mode de fonctionnement des CCR électroniques entraîne des risques liés à la :
- fiabilité.
Electronique et eau ne font pas bon ménage et il est souvent nécessaire (par précaution) d'emmener avec soit un bail-out (réserve d'air de secours) en cas de problème. Un recycleur de type CCR Inspiration pèse environ 30Kg tous pleins faits. Avec le bail-out la balance s'enfonce encore un peu plus et l'ensemble accuse un :
- poids élevé.
Les SCR sont généralement moins lourds (20Kg) que les CCR et ont des poids similaires à un équipement traditionnel (15 litres acier). En terme de poids, le recycleur reprend l'avantage dans le cas des configurations lourdes pour les plongées profondes au trimix. Le dernier recycleur Evolution d'APD est cependant moins lourd (25Kg) que son grand frère, pour des performances équivalentes.


Avec cette liste, il ne faut également pas oublier qu'avant d'utiliser un recycleur il faut se former et que cela à un coût, mais ceci est également vrai avec un équipement traditionnel. Autre précision, la maîtrise d'un recycleur, et particulièrement celle d'un CCR, est longue et demande, au total, autant de temps que le classique couple bouteille/détendeur. En terme de flottabilité et de maniement vous descendez d'un coup au cran d'un jeune plongeur niveau 2. Un CCR demande également une pratique plus régulière de l'activité qu'avec un circuit ouvert. Il est également plus long pour s'y remettre au bout d'une longue période d'arrêt. En opposition les SCR sont d'un maniement plus facile que les CCR et donc globalement moins contraignants.


 

Choix Inspiration/Dolphin


Après lecture des chapitres "Objectifs de ce site" et "Avantages et inconvénients" vous avez certainement compris, les principales raisons de mon choix pour l'Inspiration plutôt que pour le Dolphin.


Comme expliqué précédemment le choix d'un recycleur ne parait pas évident au premier abord. La logique voudrait que techniquement on choisisse un CCR (plus performant) plutôt qu'un SCR. Cependant le problème de la fiabilité fut souvent dénoncé par les détracteurs des premiers jours de l'Inspiration (en 1998) et ceux-ci l'avaient d'ailleurs appelé à l'époque "Desesperation" ou YBOD (Yellow Box Of Death). Le prix et la maintenance ne sont également pas en faveur de ce dernier bien qu'il soit aujourd'hui un des CCR le moins cher si pas LE moins cher.


En fait, la difficulté du choix ne se situe pas au niveau de la simple comparaison des performanaces techniques entre un Dolphin et un Inspiration. Car cette comparaison élimine d'office un SCR quelqu'il soit lors de la prise en compte de quelques considérations basiques comme :

  • un appareil qui permet de plonger dans les mêmes limites qu'un circuit ouvert à l'air,
  • un appareil qui offre les avantages du nitrox (saturation en azote) sans les inconvénients (limite de profondeur).

Je pense d'ailleurs que ce premier point est à l'origine, en France, du problème de la commercialisation du Dolphin. Il semble inconcevable, pour la grande majorité des plongeurs Français, d'avoir un appareil qui ne leur permette pas de descendre explorer une épave comme le Donator ou le Togo. La limitation à 40 mètres (ou même 50 en poussant un peu) élimine rapidement ce type de matériel. Concrètement, le Dolphin n'apporte pas beaucoup plus d'avantages qu'un bloc nitrox de 15 litres. Le Dolphin est moins cher qu'un Inspiration mais il reste néanmoins beaucoup plus cher qu'un équipement de plongée traditionnel et plus contraignant en terme de préparation et maintenance.


En réalité, le Dolphin est une excellente machine école (pour débuter) ou pour les gens qui désirent se limiter à la zone des 40 mètres et de préférence pour des plongées sans décompression. On pourrait en conclure que le Dolphin trouverait certainement sa place dans les zones tropicales ou l'on pratique majoritairement la plongée à faible profondeur. Pour une utilisation dans notre beau pays des SCR plus évolués, avec gestion de plusieurs mélanges (mélange fond, mélange de déco), seront certainement plus adaptés.


Après l'énoncé de tout ces arguments, il ne reste donc plus qu'une seule machine potentiellement intéressante. Mais faut-il encore s'assurer que l'Inspiration répond bien à mes exigences.

Techniquement, cet appareil permet de plonger dans les limites autorisées par le Code du sport et même largement plus. Sans aucune modification, il peut vous emmener, au trimix ou à l'héliox, à plus de 100 mètres. Il est donc, ce que j'appellerais, un appareil évolutif.


Comme vu précédemment, l'autre critère important est celui de la fiabilité. L'inspiration est, encore aujourd'hui, le seul recycleur qui soit fabriqué de façon quasi industrielle et vendu à un nombre d'exemplaires importants. Aujourd'hui plusieurs milliers (il est difficile d'avoir des chiffres exactes car APD souhaite garder ces données secrètes) d'Inspirations ont été vendus dans le monde dont au minimum plusieurs centaines en France. Il est donc le seul, sur lequel on possède une base de donnée suffisante pour se faire une véritable idée. Il est inutile de nier qu'il ne peut tomber en panne au même titre que n'importe quelle mécanique ou gadget électronique. Ceci est d'autant plus vrai dans un milieu humide. Etant moi-même photographe à mes heures perdues, je suis très bien placé pour savoir qu'il est difficile de ne pas voir son appareil noyé ou tomber en panne un jour ou l'autre. Beaucoup d'accidents survenus avec l'Inspiration ont cependant eu pour cause une origine humaine (appareil non contrôlé au départ, mauvaise manipulation en cours de plongée, aucun contrôle sous l'eau, etc.). La fiabilité n'est donc, à priori, pas la cause principale des problèmes recensés. Mon expérience propre et celle des plongeurs Inspiration que je côtoie m'ont d'ailleurs confirmées que la fiabilité était bonne voire même excellente. Il y a cependant un minimum de règles à respecter (comme sur la route) afin de garantir son avenir. Passez outre et vous augmenterez considérablement vos chances de ne jamais remonter. Comme lu dans une revue, les recycleurs CCR sont fait pour des plongeurs responsables.


Au final et après toute ces considérations métaphysiques, une fois la formation sur Inspiration faite, vous êtes généralement conquis. Il ne reste plus qu'à débourser une somme rondelette pour son acquisition. Ce qui peut encore demander un nouveau temps de réflexion (surtout si il faut, de plus, convaincre son concubin d'alléger le compte commun) !!!


Vous vous demandez peut-être si il m'était venu à l'idée de regarder du côté d'un autre recycleur. J'avais, en effet, effectué quelques recherches (au début des années 2000 et même encore après l'achat de mon Inspiration) pour découvrir d'autres recycleurs. Cependant tous les autres recycleurs étaient distribués de façon confidentielle et il était donc très difficile de s'en faire une idée exact et concrète. Idem pour les recycleurs modifiés (principalement sur des bases de SCR) par des sociétés privés. De plus, quasiment tous les autres appareils étaient construits de façon artisanale. Quand serait-il de la fiabilité, de l'entretien, du service après-vente, des pièces détachés, de la pérénnité de la société fabricante, etc. Bref, énormément de questions pour lesquelles je n'ai jamais obtenu de réponses satisfaisantes. Une des autres raisons pour laquelle je ne me suis jamais réellement intéressé (à l'époque) à d'autres appareils, est qu'il n'est pas toujours facile en France, de plonger en club, avec un appareil modifié, non homologué ou encore inconnu du grand public. Les derniers arrêtés en vigueur sur les mélanges (code du sport aujourd'hui) confirment d'ailleurs la difficulté qu'auront les propriétaires de recycleurs bricolés ou inconnus à venir plonger en structure.


Aujourd'hui le paysage recycleur à sérieusement changé et plusieurs challengers sont arrivés sur le marché avec une maturité affirmée. Ils s'appellent Mégalodon, JJccr, Sentinel, rEvo, Poséidon Discovery pour les plus connus mais encore d'autres que je ne connais même pas de nom tellement l'offre s'étoffe de jour en jour. Avec cette arrivée massive de machines, le choix, pour le néophyte, ne va certainement pas se simplifier même avec l'argument de l'agrément CE qui apparait tout de même comme une barrière efficace.

Bien heureusement je constate, au moins dans mon cas personnel, que grâce à mon expérience du CCR et avec une idée beaucoup plus juste de mes besoins le choix pour mon futur recycleur ne devrait pas être trop difficile. C'est d'ailleurs l'exercice dans lequel je me lance dans le chapitre suivant.

 

Comparaison de quelques recycleurs du marché

 

Précisions pour le lecteur :


En lisant le comparatif quelques lecteurs m'ont fait part de leur étonnement devant le peu de recycleur pris en compte. En effet, on ne retrouve pas des machines comme le Poséidon, le Submatix, le Liberty, le Triton ou encore quelques autres plus ou moins connus... Sur le papier ou les pages web.


Mon objectif n’est pas de faire un comparatif exhaustif de toutes les machines existantes mais uniquement de me cantonner aux plus représentatives et à celles que nous rencontrons habituellement dans les clubs ou au bord de l’eau, que ce soit sur un bateau ou encore en côtière. Si j'ai choisi de ne vous présenter qu'un nombre de machines restreintes c'est aussi car je me suis fixé comme critère de ne parler que des recycleurs pour lesquels j'ai moi-même trouvé un intérêt personnel pour un futur achat et aussi parce que j'ai pu avoir l'occasion de les découvrir de prêt, voire même de les essayer, et aussi d'échanger avec des propriétaires pour recueillir leurs avis (objectifs ou non). Point important également, je ne souhaite pas intégrer dans cette page des machines que je n'ai vu que sur le papier et dont je n'ai pour seuls arguments que des opinions lus ici et là sur des forums ou des articles de presse. Dans la mesure du possible j'aime bien me faire ma propre opinion. D'ailleurs et comme vous avez déjà pu le lire sur la page page d'accueil, mon souhait est d'essayer de rester le plus concret possible sur la base de mon expérience personnelle même si un peu de théorie ne fait pas de mal (surtout quand elle est appliquée à notre passion) et si quelques avis personnels forcément subjectifs humanisent un peu mes propos.


Dans cet article je mets également de côté le monde souterrain que je ne pratique pas et où les contraintes et exigences sont différentes de la mer. De plus, la plongée souterraine étant principalement hors structure la diversité des machines rencontrées sera plus importante principalement dû au fait que la certification CE n’entre pas dans les critères obligatoires des utilisateurs.

Septembre 2010 :

 

Après plusieurs années de pratique du recycleur, essentiellement sur Inspiration, j'ai observé l'évolution des technologies et l'arrivée sur le marché de plusieurs machines digne d'intérêt. Toutes ces nouveautés m'ont donné envie de les regarder de plus près et, pourquoi pas, de faire quelques essais.


Cette étape sera l'occasion de faire un point sur les machines présentes sur le marché avec toujours le même objectif; rechercher l'appareil correspondant le mieux à mon usage mais aussi au budget que je me suis fixé.

En fait, je me retrouve aujourd'hui, en 2010, presque dans la même situation qu'à mes débuts à me demander quel recycleur je vais bien pouvoir acheter. Cependant le contexte n'est plus tout à fait le même. Les technologies employées ont évoluées et le choix s'est élargi avec un marché riche de plusieurs machines réellement matures. L'autre point positif est que, durant ces longues années de pratique et d'observation j'ai acquis une connaissance et une expérience bien plus importante que ce qu’elle était en 2003 lorsque je me suis trouvé confronté au choix et à la décision d'acheter mon premier recycleur. Moment pas toujours facile au vu de la somme à débourser et de la crainte de se tromper.

Alors qu'il m'avait fallu plusieurs jours, aujourd'hui mon expérience me permet d'écrire en quelques minutes un nouveau cahier des charges en adéquation avec mes besoins actuels. Tous les critères présents dans mon CDC sont des souhaits mais certains pourraient être révisables si nécessaire. Cela signifie que je suis potentiellement prêt à faire quelques concessions si de sérieux avantages venaient à compenser. C'est lors du bilan final que je pèserais les pours et les contres. Au fur et à mesure de mon investigation et pour m'aider à faire ce bilan je ferais quelques points intermédiaires sous forme de résumé avec un classement (non officiel) des challengers.


Le cahier des charges :

  • circuit fermé CE,
  • avec une gestion électronique et HUD (ordinateur de décompression intégré dans le prix si possible)
  • modulaire/démontable avec un encombrement et poids compatible pour le voyageur lambda,
  • interchangeabilité des blocs (en prévision du voyage),
  • bon confort respiratoire (ma référence étant l'Inspiration),
  • entretien simple et facile à démonter,
  • bonne finition,
  • service après vente à l'écoute et de qualité,
  • bonne confiance dans la pérennité de la société fabricante,
  • prix abordable (autour des 6 à 7000 euros me semble amplement suffisant pour un usage modéré, un peu plus si réellement justifié).

Les recycleurs qui ont, aujourd'hui (2010), pignon sur rue sur le marché Français :

  • L'Inspiration/Evolution,
  • Le Mégalodon,
  • Le Sentinel,
  • Le rEvo.


Les pours et les contres pour chaque challenger :


Inspiration
Pour :

  • Machine CE vendue prête à fonctionner
  • Très bon recul de la machine et a largement fait ses preuves
  • Marché de l'occasion actif
  • Surement la machine qui a le plus large choix pour sa customisation (modularité, éléctronique, accessoires divers, etc.)
  • Electronique Vision évoluée et très complète (HUD, capteur usure chaux/piles, setpoint auto, ordi intégré, 2 contrôleurs indépendants, etc.)
  • Option BOV possible et qui plus est de belle facture, compact et bien intégré à la machine
  • Choix poumons d'épaule ou backmounted
  • Service après-vente efficace, réactif et facile à joindre
  • 2 tailles de machine (Inspiration/Evolution)

Contre :

  • Finition du canister moyenne (hormis la tête qui est très bien)
  • Stab et harnais fournis d'origine (choix des éléments ?)
  • Pas de modularité d'origine au catalogue d'AP Diving (coque d'origine trop grosse et impose les blocs 3 litres acier d'origine)
  • Torse encombré par les faux poumons (d'épaule)

Megalodon
Pour :

  • Machine vendue prête à fonctionner en version CE. Choix du montage de sa propre stab et harnais (non CE).
  • Modulaire et facilement démontable
  • Accepte d'origine plusieurs tailles de blocs
  • Plusieurs type de faux poumons (néoprène ou cordura) ou canisters (radial/axial)
  • Choix poumons d'épaule ou backmounted
  • Très bonne qualité et finition
  • Deux électronique indépendante (calibration indépendante) avec HUD
  • Bonne autonomie de l'alimentation
  • Calibrage des cellules possible sur table
  • Purge du faux poumon expiratoire possible sous l'eau
  • Existe en version e et mCCR et 2 tailles de recycleur

Contre :

  • Prix élevé
  • Machine CE uniquement avec les 2 contrôleurs/afficheurs APECS (hors version avec Shearwater)
  • Pas d'ordinateur intégré dans le prix de base (option shearwater gonfle le prix déjà élevé et non CE)
  • Torse encombré par les faux poumons (d'épaule)
  • SAV éloigné (US)

rEvo
Pour :

  • Machine CE vendue prête à fonctionner
  • Recycleur tout dans le dos (buste dégagé)
  • Bonne finition générale
  • Plusieurs tailles de machine et choix m/e/hCCR
  • SAV proche (Belgique)

Contre :

  • Pas de modularité et de customisation au catalogue ou sur le web
  • Difficile à démonter dans sa totalité (faux poumons).
  • Revodream et ses tap tap aléatoires imposés d'origine
  • Pas de purge manuelle de l'eau des faux poumons
  • Gestion de deux canisters
  • Stab et harnais fournis d'origine (choix des éléments ?)
  • Qualité des montages internes (cellules, absorbeur humidité, ADV, buse) un peu moyenne

  • Sentinel
    Pour :

    • Machine CE vendue prête à fonctionner
    • Recycleur tout dans le dos (buste dégagé)
    • Ordinateur intégré et écran couleur
    • Bonne finition
    • BOV en option
    • Machine très complète d'origine même si ce n'est pas toujours bien utile
    • SAV proche

    Contre :

    • Trop grosse
    • Trop lourde
    • Modularité moyenne (possibilité de monter d'autres blocs en off-board)
    • Travel Frame hors de prix
    • Ordinateurs VRx pas toujours des plus intuitifs mais complet
    • Stab et harnais fournis d'origine (choix des éléments ?)
    • Pas de purge manuelle de l'eau des faux poumons


    De ces 4 machines j'en connais une parfaitement et deux autres (Megalodon, rEvo) correctement suite à des essais et au travers de studieuses lectures sur les forums mais aussi grâce à une large bibliographie éparpillée sur le web. Le point négatif est que je n'ai pas eu l'occasion d'essayer le Sentinel mais comme vous pourrez le constater un peu plus loin les caractéristiques techniques de l'appareil associées à quelques lectures et quelques rencontres avec des propriétaires et leur machine m'ont permis de me forger une opinion suffisante. Pour ne pas faire durer le suspense, j'ai simplement et rapidemment écarté le Sentinel de la liste des prétendants. Le premier chapitre du comparatif vous permettra, bien sûr, de connaitre les raisons de cette mise à l'écart.

    Ce chapitre n'étant en rien un dossier d'essais, je tiens à préciser que ne rentrerais pas dans une description détaillée des caractéristiques des machines. De plus, au vu des nombreuses solutions techniques cumulées par nos quatre recycleurs ce n'est pas un chapitre mais une revue complète que l'on pourrait consacrer à un tel comparatif. Mon objectif est avant tout de faire ressortir les principales caractéristiques et particularités de chaque modèle en relation avec les critères de choix énoncés dans mon CDC mais aussi de signaler les éventuels defauts que j'ai pu constater à partir d'éléments concrets mais aussi quelques fois de paramètres plus subjectifs inhérent à chaque personnalité et surtout fonction de mes besoins et de mes points de vue personnels. Au final, je souhaite juste me faire ma propre idée de la valeur puis des avantages et inconvénients de chacune de ces machines en rapport avec mes critères de choix initiaux. Au même titre que les critères de sélection de ma future machine, les impressions et bilans que je ferais ne seront certainement pas partagés par tous. Ce qui en soit est une évidence car nous n'avons pas tous les mêmes besoins, les mêmes envies, les mêmes souhaits ou encore les mêmes priorités. Ces quelques précisions dites, nous pouvons enfin passer au coeur du sujet et démarrer par une macro description des machines.


    Vue extérieure/intérieure :

    L'Inspiration est un eCCR également disponible dans une version Evolution plus petite. Inspi et Evolution ont tout deux la certification CE.
    Le Megalodon est disponible en version e et mCCR et avec une taille réduite pour le modèle Mini Meg. La certification CE du Meg a été annoncée fin mars 2011, sur le forum RebreatherWorld (the configuration certified under EN14143:2009 consists of an APECS Primary & Secondary eCCR head upon a standard size can with a five pound radial scrubber, over the shoulder counter lungs and standard DSV. The standard CE configuration also includes cylinders, first stages and backplate and harnesses along with the Tetradon wing).
    Le rEvo III a acquis la certification CE fin 2009 pour le diluant air à 40 mètres et début 2010 pour le trimix à 100 mètres, et se présente en version h/e/mCCR modèle standard ou mini. Le Sentinel est un eCCR à taille unique et avec la certificaton CE.


    Au premier coup d'oeil l'aspect extérieur de nos quatre machines inspire le respect et la finition démontre, à priori, une bonne maitrise de la part des fabricants. Mais c'est vraiment au démontage que l'on va découvrir les petits points qui attirent l'attention et qui quelquefois peuvent faire grincer les dents au regard des prix annoncés. Les quelques défauts que j'ai pu constater ne m'ont jamais permis d'éliminer une machine pour sa non qualité ou dangerosité mais, par contre, se sont retrouvés en contradiction avec certains de mes critères. En terme de qualité et de finition on constatera cependant qu'il y a encore quelques pistes d'amélioration chez nos concepteurs.


    Le Megalodon me laisse particulièrement admiratif que ce soit vu de l'extérieur ou de l'intérieur. La fabrication entièrement réalisée en alliage est de très belle facture et d'excellente qualité et finition. Du très bel ouvrage. De plus le megalodon se démonte rapidement/facilement (ouverture du canister par grenouillère) et chaque pièce est accessible pour un nettoyage en profondeur. Une chose qui peut géner sur le Megalodon est sa taille réduite qui ne permet pas de poser le canister au sol lorsque l'on est assis et qui si la position reste prolongée devient vite désagréable pour le dos. C'est le problème récurrent de baucoup de machines de petite taille. Autre petit détail que l'on remarque est l'absence d'une poignée, bien pratique pour soulever aisément le recycleur. A noter qu'une poignée est présente chez les concurrents du Meg. Certains accessoiristes proposent d'ailleurs un "stand" (pied) pour le Megalodon afin de réhausser la machine et de même pour la poignée (inox ou alu marine).
    L'Inspiration fait la part belle aux matières plastique, moins nobles que le métal, mais en restant toujours d'un bon niveau de finition et de qualité. Le seul petit reproche que je formulerais est le corps du canister avec son tuyaux en PVC que j'aurais aimé voir construit dans un bel alliage type megalodon. Mais bon, il est costaud et rempli parfaitement son office comme j'ai pu le constater en plusieurs années de (très) bon et loyaux services. La tête du canister sauve la mise dans sa belle robe noire qui est du plus belle effet et maintenu par ses 3 écrous quart de tour. Au démontage l'Inspi n'est pas très loin du Megalodon et chaque pièce reste également accessible pour un nettoyage de printemps. Pour les deux modèles à faux poumons sur les épaules ou backmounted (entre le dos et la caisse/canister) on retrouve donc l'avantage du démontage facile et complet de l'appareil. En fait, toute la boucle (scrubber/canister, faux poumons, tuyaux, cellules O2) est facilement accessible dans ces moindres recoins. Qualité très appréciable après avoir bavé longuement dans tout le circuit et plus particulièrement dans le faux poumon expiratoire qui sert aussi de piège à eau. A noter, le Megalodon possède une purge basse, bien pratique, sur le faux poumon expiratoire (version poumons d'épaule) qui permet de purger l'eau en plongée. Les deux appareils sont équipés d'une ADV (Auto Diluent valve) avec commande manuelle et d'une valve de surpression réglable, tous les deux situées sur les faux poumons et donc facilement accessibles.


    Pour ces 2 modèles les 3 cellules O2, le container à batteries et le solénoide sont logés dans la tête du scrubber/canister et facilement démontable en cas de changement de cellule au dernier moment. A noter que sur le megalodon l'interrupteur de marche/arrêt de l'électronique est logé dans la tête du canister. Sur une console pour toutes les autes machines. Ce dernier point sur le Megalodon peut rebuter certains plongeurs (ce qui est mon cas, soit dit). La connectique des cellules de l'Inspiration est de type coaxiale qui apporte un réel plus en terme de sécurité et de qualité/fiabilité de la liaison électrique. Par contre il est regrettable, sur un appareil comme le megalodon, de trouver encore de simples connecteurs molex. De part et d'autre du canister le Megalondon est équipé d'attaches rapides de type TIGER pour fixer les bouteilles (différentes tailles possibles). L'Inspiration dispose également d'emplacements dédiés sur les côtés de la boîte pour des fixations rapides en off-board (option). Malgré une modularité limitée en configuration d'origine, l'Inspiration possède un avantage intéressant sur ces concurrents qui lui permet de sortir du carcan de sa boîte. En effet, il est certainement le recycleur qui dispose du choix le plus important de pièces et d'équipements additionnels (ancienneté et très large diffusion oblige) pour enrichir ou modifier sa configuration d'origine. Beaucoup de particuliers et de petites sociétés proposent des équipements de type Frame en tous genres ou encore customisation de la partie électronique et accessoires divers pour rendre l'Inspiration modulable à souhait. Le choix est disponible en neuf comme en occasion (200 euros pour la Travel Frame tout inox que j'ai acheté).
    Le Megalodon comme l'Inspiration (en version avec Travel Frame) entrent dans un sac de plongée classique. Les blocs pourraient potentiellement passer dans un gros sac de plongée en même temps que le recycleur mais mon objectif n'est pas de faire un déménagement à chaque voyage. D'où l'intérêt de l'interchangeabilité des blocs, possibles sur ces 2 recycleurs, car il n'est pas toujours facile de trouver des 2 ou 3 litres sur place, même en France.


    Le rEvo parait costaud avec sa large plaque en inox (surmontée d'une grande poignée) sur lequel vient se monter les bouteilles et la double cassette qui reçoit les cartouches de chaux. Le démontage des consommables (sondes O2, cartouche de chaux) est également rapide. Par contre les faux poumons qui se trouve enfermés au centre de la carcasse (protection oblige) n'ont pas l'accessibilité de nos 2 premiers recycleurs. En résulte une procédure de nettoyage des faux poumons ou une inspection minutieuse plus difficile. En contrepartie des faux poumons dorsaux le torse du plongeur est par contre bien dégagé.
    Le support à cellule se trouve derrière une des cartouches et m'a paru un peu cheap avec ses fils qui pendouillent au milieu du circuit ventilatoire (faux poumon inspiratoire). Même impression pour le gicleur d'O2 et l'ADV derrière la seconde cartouche (faux poumon expiratoire) et de plus fixés par des colliers plastique. Un support digne de ce nom, fixe et plus costaud aurait fait meilleure impression. De plus, pas de connecteur coaxial sur les cellules mais de simple molex qui restent exposés à l'humidité. Ce qui rassure moins c'est que le fabricant a installé (ou plutôt coincé) un absorbeur d'humidité en bas du faux poumon. L'accessibilité des cellules reste cependant bonne pour un changement de dernière minute.
    Comme mentionné le rEvo est équipé d'une ADV (pas de commande manuelle comme sur les deux eCCR) et d'une valve de surpression réglable sur la partie supérieure de l'armature. L'armature bien que très bien conçue, ne me laissent pas entrevoir beaucoup de possibilités pour l'interchangeabilité des blocs. Et pas de customisation au catalogue ni chez un bricoleur de génie. Ceci pourrait s'avérer potentiellement gênant lors des voyages et imposera de trouver un centre qui dispose des blocs ad hoc. On peut cependant monter des fixations rapide pour blocs off-board.
    Pour les promenades, le rEvo plus large que nos premiers recycleurs (40cm contre 22,5 pour une Travel Frame) devrait tout juste entrer dans un (très) gros sac de plongée ou plutôt dans une valise de bonne dimension. En plus de la largeur propre de l'appareil il faut compter 5 à 10cm en plus de chaque côté pour placer les protections de part et d'autre du recycleur.


    Le Sentinel porte bien sont nom car une fois posé droit il se tient fièrement au garde à vous telle une statue de l'île de pâques. Sa carrure n'est d'ailleurs pas que visuelle mais se fait tout de suite ressentir sur la balance. Avec un bon 40kg tout plein fait (autour de 30Kg pour les autres challengers) il est le champion de sa catégorie. A l'ouverture du capot l'énorme scrubber/canister en alliage confirme la première impression de masse de l'ensemble. Tout semble respirer la santé et cela se confirme encore lorsque l'on regarde en détail la fabrication et les quelques éléments de tuyauterie en inox. Le concepteur doit certainement avoir une expérience de la machine industrielle et personne ne s'en plaindra si ce n'est pour le poids. Les blocs d'origine sont des 2 litres alors que les autres recycleurs sont équipés en 3 litres. Une version avec un bloc oxy 3 litres est disponible mais pas pour le diluant qui reste en 2 litres. A noter que sur le Sentinel la valve de surpression du circuit est située au fond du canister (sur le faux poumon expiratoire pour l'Inspi et le Megalondon et sur le haut de l'armature (faux poumon expiratoire) pour le rEvo). L'equipement du Sentinel est plétorique d'origine avec sa BOV, son ADV, ses deux afficheurs/ordinateur VRx dont le principal en couleur, un HUD (+ HUD arrière en option), le temp stick, le capteur de CO2 en option, etc. Bref, de visu comme en vrai nous avons à faire à une belle machine catégorie poids lourd et qui semble tout de même un peu compliqué. Comme le rEvo l'interchangeabilité des blocs n'est pas possible et il faudra trouver deux blocs 2 litres ou un 3 et un 2 litres dans un centre d'accueil lors d'un voyage. De toute façon, en cas de voyage, emmener le Sentinel me semble presque impossible tellement les dimensions et le poids sont importants. Depuis début 2011 une travel frame est disponible pour le sentinel livrée avec des faux poumons d'épaules (+ backplate, protection de la tête, bandes de fixation, tuyaux MP) qui lui donne une nouvelle aisance respiratoire que les possesseurs ne connaissaient pas. Avec cette nouvelle frame le sentinel retrouve également un peu de liberté qui lui permet enfin de voyager un plus facilement mais qui, malheureusement, se paye au prix fort (800 euros). A noter que les témoignages de quelques plongeurs fortunés qui ont fait l'achat montre que le montage de ce kit s'est révélé être une grosse partie de bricolage indigne du prix.



    1er point intermédiaire :
    Dans ce premier chapitre le Megalodon prend l'avantage et ferait presque un sans faute s'il avait une connectique de cellule de meilleure qualité et un bouton marche/arrêt plus accessible. Suit de près l'Inspiration qui montre un niveau de finition générale un petit cran en dessous. Avec un même mode de fonctionnement mais avec des solutions techniques différentes et une bonne qualité, ces deux machines confirment qu'elles ont déjà de longues années d'expérience et répondent aux critères de modularité (grâce à la customisation possible pour l'Inspi), d'interchangeabilité et de qualité/finition.
    Le rEvo et le Sentinel sont deux machines plus récentes et là aussi qui proposent encore d'autres solutions techniques. Le rEvo, de belle fabrication, laisse cependant apparaître quelques détails de finition et des montages à la limite du bricolage (support à cellules et fils pendouillants, absorbeur d'humidité coincé dans le faux poumon inspiratoire, fixation des éléments par colliers Rilsan, connectique molex). Le Sentinel apparait comme une machine haut de gamme mais qui fait un peu trop dans la démesure au détriment de la simplicité. Sur le rEvo la modularité mais surtout l'interchangeabilité des blocs est beaucoup plus limitée qu'avec les deux premiers recycleurs. Cela n'interdit pas pour autant les voyages mais demandera de sélectionner plus finement les clubs d'acceuil. A moins, bien sûr, d'emmener les blocs (carbone ou alu de préférence) avec soi. Mais comme expliqué précédemment je n'apprécierais pas beaucoup que mes voyages lointains se tansforment en déménagement. Le problème du surpoids et en corollaire celui du coût du transport reste aussi un frein non négligeable à cette dernière solution. Techniquement le Sentinel avec sa Travel Frame aurait pu faire bonne figure avec ses faux poumons d'épaule mais la complexité de l'appareil et le poids restent toujours présents.

    Malgré ces derniers points les caratéristiques camionesques et trop perfectionnées du Sentinel m'amènent trop de craintes pour le transport et pour un usage loin de la civilisation. Ces inquiétudes (fondées) m'amène malheureusement à l'éliminer définitivement de ma sélection. Reste donc le trio formé par le Megalodon, l'Inspiration et le rEvo.


    L'électronique :

    Chacun de nos recycleurs présente sa propre stratégie différente de celle du voisin. Le rEvo étant sur une base mCCR n'a bien sûr, rien à voir avec ses 2 collègues eCCR sauf,si on le transforme en pure eCCR à l'aide de l'option adéquate proposée par le fabricant. Pour ma part je me focaliserais principalement sur la version mCCR avec l'option hybrid (hCCR) équipé du contrôleur Shearwater puis de l'ordinateur de la même marque. En ce qui concerne le Megalodon je le choisirais également avec l'option Shearwater afin de comparer les trois recycleurs dans des configurations à peu près identiques car l'Inspiration en est équipé d'origine. L'ordinateur de décompression intégré à la console de l'inspiration a d'ailleurs un mode de fonctionnement quasi identique à celui d'un Shearwater Pursuit/Predator. Par contre en ce qui concerne le Megalodon, il faut bien avoir à l'esprit que la version du recycleur qui a été homologué CE est celle avec es 2 contrôleurs/afficheurs APECS. C'est à dire qu'il faudra acheter le Megalodon en version avec les deux contrôleurs (pour avoir une machine CE) et monter par la suite le Shearwater soi-même.


    L'électronique Vision de l'Inspiration est certainement la plus évoluée de nos trois protagonistes et aussi la plus difficile à décrire et à expliquer en quelques lignes. Cela ne veut pas dire pour autant que c'est la meilleure solution employée ou celle que tout le monde choisira. Chacun aura son avis sur la question et ses préférences. L'électronique Vision est équipée de deux parties indépendantes que sont l'afficheur et les contrôleurs d'O2 avec le double HUD (2 jeux de diodes électroluminescentes) et le buzzer. Les contrôleurs d'O2 et HUD sont eux mêmes indépendants entre eux bien qu'interconnectés. La partie commande de l'injection du recycleur et du HUD se trouve dans la tête du canister. L'afficheur est donc complètement indépendant de la partie commande et peut être HS sans que cela n'affecte l'injection d'O2 ou le HUD.


    La console double afficheurs en alliage est de très belle finition (avec boutons piezo) et aussi la plus complète par la richesse de ses fonctions (PpO2 des deux contrôleurs, tension des batteries, setpoint, taux d'usure de la chaux, différentes alertes, etc) et intègre également un ordinateur de décompression nitrox/trimix (soft Buhlmann avec facteur de gradient). L'affichage est lisible grâce à un écran de bonne taille et l'ergonomie générale très bonne.


    Le logiciel interne de l'électronique Vision est disponible sur le net et peut être mis à jour sur votre PC et les données de la console peuvent également être déverser sur votre ordinateur personnel de la même manière qu'avec beaucoup d'ordinateurs de déco du marché. Enfin, le calibrage des cellules est automatique. Comme vu précédemment la connectique des cellules est de type coaxiale gage de sécurité. Les boutons de commande manuelle d'injection de diluant et d'O2 sont facilement accessibles et situés sur les faux poumons.


    Dans sa configuration de base la statégie du Megalodon est plus basique avec 2 simples consoles APECS d'affichage indépendantes (calibrage des cellules O2 séparé) avec indication de tension des capteurs et des batteries (au repos et en charge). Le Megalodon est également équipé d'un seul HUD qui est couplé à l'afficheur secondaire. Un double HUD, comme sur l'Inspiration, fonctionnant avec le contrôleur primaire aurait été un plus. La première console fait office de contrôleur du solénoide en plus de l'afficheur de PpO2. Le soft du Megalodon peut être upgradé. D'origine le Megalodon ne possède pas d'ordinateur de décompression mais cela reste possible en option avec un Shearwater Pursuit voire Predator (ou Liquivision X1) qui remplace alors l'afficheur APECS secondaire d'origine (le contrôleur primaire commande alors le HUD). Le calibrage du Megalodon se fait sur deux points avec l'air ambiant et en oxygène pur. Les deux contrôleurs sont qualibrés séparément. En plus du calibrage habituel par rinçage de la boucle à l’O2 pur, un calibrage précis "sur table" avec uniquement la tête du canister est possible. A noter, les interrupteurs de marche/arrêt des contrôleurs se trouvent dans la tête du canister. Heureusement cette même tête fixée par 4 grenouillères s'ouvre ou se ferme en quelques secondes. Après quelques minutes d'inutilisation le système s'éteint automatiquement pour ménager les batteries. Sur le Megalodon comme sur l'Inspiration les afficheurs partagent les 3 cellules O2. Les boutons de commande manuelle d'injection de diluant et d'O2 sont facilement accessibles et placés sur les faux poumons.


    Le rEvo est monté d'origine, en version mCCR, avec 2 afficheurs indépendants appelés revodream et deux HUD distincts (un HUD double pour l'Inspi et un simple pour le Megalodon). Les revodreams sont de simples afficheurs de PpO2 qui ont la particularité de n'avoir aucun bouton mais un fonctionnemment à base de tap tap détectés par des capteurs d'accélération. Ce mode de fonctionnement un peu déroutant ne m'a malheureusement pas réellement convaincu. L'objectif du fabricant a clairement été de concevoir des afficheurs (presque) simples et pas chers. J'aurais largement préféré avoir un seul HUD plus compact (voire un double HUD au lieu de deux) en échange d'un ou deux boutons piezo certainement plus pratiques et naturels. D'origine un revodream est connecté à deux cellules O2 et l'autre à la dernière cellule.


    Le calibrage des cellules (air ou O2) se fait manuellement par rinçage de la boucle. Les 2 revodreams sont montés en bout de manomètre (O2 et diluant) par des fixations inox. Les boutons d'injection de l'O2 et du diluant sont situés sous l'armature du recycleur. Le positionnement de ces boutons n'est pas conventionnel mais permet d'éviter, comme sur d'autres recycleurs mécaniques, de déporter la console de commande d'injection devant avec la tuyauterie que cela implique.
    Comme le Megalodon, le rEvo ne possède pas d'origine d'ordinateur de décompression mais cela est possible en option avec le mode mCCR pur ou encore avec la version h ou eCCR qui inclue le contrôleur de PpO2 et l'ordinateur de décompression Shearwater. Dans sa version hCCR, qui a ma préférence, l'électronique est utilisée en mode parachute en complément de l'injection permanente d'O2 du mode mCCR. En option depuis début 2012, le système RMS, d'origine Shearwater, essaye de prédire la durée restante d'utilisation de la chaux. Avec ce système Revo-Rebreather se lance, en un peu plus évolué, à la suite d'AP Diving avec sont tempstick. Malgré une électronique performante qui évolue régulièrement, le fabricant du rEvo n'a malheureusement toujours pas réussi à nous proposer un montage propre des cellules/ADV/injecteur, digne de ce nom et qui ne fasse pas bricolage de fond de garage (fils pendouillants, colliers colson pour tenir les éléments, etc.).


    2ème point intermédiaire :
    Trois machines présentes, trois conceptions et autant de solutions différentes. L'électronique Vision de l'Inspiration est la plus complète avec son ordinateur de décompression d'origine et ses nombreuses fonctions intégrées et toutes utiles. L'ensemble, est de plus, de très belle qualité et finition avec un affichage clair et une bonne ergonomie. On pourrait juste regretter qu'il n'y est qu'une seule console au contraire des deux autres recycleurs qui présentent deux afficheurs séparés. Cependant, quoiqu'il arrive avec l'affichage principal les contrôleurs restent opérationnels avec le double HUD qui fonctionne indépendamment de la console. Aujourd'hui, en gage de qualité et fiabilité, l'électronique Vision a plusieurs années d'existence et n'a jamais souffert de la moindre critique et aucun problème majeur n'a jamais été déploré. L'inspiration à l'avantage du nombre important d'unités vendus qui permet à la société APD de réagir et d'apporter rapidement une correction dès l'apparition des premiers défauts.
    L'électronique du Megalodon reste plus simple (2 afficheurs et un simple HUD) et n'a également jamais souffert d'aucune critique ni de problème majeur connus (l'avantage de la simplicité me direz-vous ?). L'ensemble est, comme toujours sur cette machine, de très belle qualité. Pour être compétitive avec l'électronique Vision de l'Inpiration il faudra cependant prendre l'option Shearwater. Le Shearwater a d'ailleurs un fonctionnement quasi identique et avec le même soft buhlmann GF que celui de l'électronique Vision.
    Et pour terminer l'électronique du rEvo en version Shearwater (1 revodream + Shearwater) avec son contrôleur de PpO2 pour transformer celui-ci en modèle e/hCCR et le ramener à un niveau équivalent à nos deux protagonites eCCR. Le bénéfice du Shearwater me rassure car je ne suis pas ressorti convaincu de mon essai avec les revodreams et leur mode tap tap qui semble quelquefois capricieux.
    Dans le comparatif de l'électronique on remarquera que seul les recycleurs APD et rEvo propose un sytème de contrôle de la chaux.


    Le nerf de la guerre ou la question qui fache :
    Quel est le prix de ces belles machines ?
    L'Inspiration est donné pour 4795 livres sterling (tarifs 2011) hors options. Avec les options ADV, Scrubber Monitor (mesure d'usure de la chaux, non disponible sur le Megalodon) et ordinateur Trimix on arrive à 5501 livres, avec un cours de la Livre à 1,25 euros cela nous fait 6876 euros TTC pour une machine complète prête à plonger. Le petit souci avec la Livre Sterling est une variation possible du cours en fonction du temps. Il faut donc profiter d'un cours bas pour aller faire ses emplettes.


    Le prix du Megalodon (aux tarifs affichés sur le site d'InnerSpace qui datent de 2008 !) en version dite "complete" est à 8875 dollars US (cours actuel à 0,8 euros) auquel il faut ajouter les blocs (90 Livres chez GODIVE pour une 3 litres acier avec robinet) et le shearwater ($1745) pour pouvoir le mettre dans une configuration proche de celle de l'Inspiration. Soit un total de 8864 euros HT (10601 euros TTC) auquel il ne faudra pas oublier les frais de douane. Et pas de système de contrôle d'usure de la chaux pour ce prix.


    Le rEvo III standard (no tanks/no valves/no electronics) a un prix d'attaque qui semble attrayant sur le papier avec 3920 euros HT. Malheureusement dans ce prix nous sommes en pur mCCR et hors taxe. Comme précisé plus haut et afin de le mettre au même niveau d'équipement que l'Inspiration, l'option eCCR hybrid (shearwater et contrôleur avec un revodream) s'impose.
    Dans son catalogue 2011 rEvo Rebreathers propose le rEvo III mCCR à 5010 euros HT prêt à plonger sans ordinateur (2 rEvodreams). L'Ordinateur trimix OC/CC Shearwater Predator, décompression avec cellules O2, version câblée est proposée en option à 1240 euros HT. Ce qui nous fait un total de 6250 HT soit 7475 euros TTC.
    La version rEvo III hCCR avec Contrôleur Shearwater Predator / ordi de décompression trimix OC/CC en version câblée + un rEvodream NG avec HUD est proposée à 6380 euros HT soit 7630 euros TTC. La version hCCR devient intéressante en regard de son faible écart de prix par rapport à la précédente. Avec le système RMS en option, le tarif grimpe à 6980 HT soit 8348 euros TTC.


    Conclusion :
    Le couple Megalodon/Shearwater présente certainement aujourd'hui sur le marché un des meilleurs compromis qualité/prestation mais avec un billet d'entrée à plus de 10000 euros, l'ensemble s'acquière au prix fort et me semble tout de même un peu disproportionné par rapport aux deux autres protagonistes qui restent tout de même d'un niveau très proche. L'association avec le Shearwater n'est hélas pas faite pour améliorer le rapport dans le bon sens car celui-ci est également loin d'être offert gracieusement et ceci sans parler d'un éventuel Predator. En résumé sauf si vous avez 10K euros en trop nos deux autres prétendants me semblent dans une fourchette de prix beaucoup plus raisonnable au vu des prestations et de la qualité proposée. Sans oublier que la certification CE du Megalodon fait encore grimper la note et que, à l'inverse de ces 2 concurrents, ce dernier ne propose pas de système de contrôle de la chaux.


    Au moment du bilan on constate donc que l'Inspiration se positionne à un tarif largement inférieur à celui du rEvo avec un écart d'environ 1500 euros. Avec cette belle somme vous pouvez vous offrir un second ordinateur, genre Shearwater Predator, qui gère la PpO2 constante en backup sur votre Inspiration. Même en version de base, pur mCCR, le rEvo (avec shearwater) reste également à un tarif largement supérieur à celui de l'Inspiration. Le Megalodon avec son prix astronomique surclasse largement ses petits camarades et ne joue plus du tout dans la même catégorie. Reste donc le choix Inspi ou rEvo.


    En faisant abstraction du prix il nous restera encore à faire un choix souvent dicté, dans un premier temps, par des considérations d'ordre purement techniques puis ensuite par des critères de qualité et de fiablité mais aussi de confiance dans le distributeur/constructeur. Ou encore pour certains, dans l'ordre inverse !


    Dans le registre technique le mode de fonctionnement sera en bonne place, purement eCCR avec faux poumons d'épaules (plus encombrant) ou backmounted au choix pour l'un, ou hCCR avec faux poumons dorsaux pour l'autre. Le confort ventilatoire sera également un élément déterminant. Homogène et toujours d'un excellent confort dans le cas des faux poumons d'épaules et très inégal suivant la position avec les faux poumons dorsaux. A chacun de choisir le mode qui lui conviendra le mieux ou qui aura la priorité.


    La qualité de fabrication ainsi que la finition et la fiabilité arriveront dans la foulée. En ce concerne ces derniers points je pencherais plutôt vers l'Inspiration avec son électronique moderne mais aussi et surtout éprouvée par de longues années de pratique et fiabilisé par un grand nombre d'unités en circulation. Sur le point comprenant les aspects service après-vente, qualité des prestations et pérénité de la société, APD se place à un très bon niveau et est largement reconnue et appréciée par la communauté des plongeurs recycleur. Le fabricant du rEvo semble suivre de près l'évolution de ses machines malgré quelques critiques lus sur le web. Il n'a cependant pas encore l'expérience et le recul d'une société qui fabrique à plus grande échelle. Ce dernier point reste donc à surveiller dans les années à venir. Avec l'acquisition de la certification CE le rEvo III ne pourra cependant pas être modifié et amélioré aussi facilement que les précédentes versions non CE. Chaque changement pouvant remettre en cause l'agrément durement obtenu.


    Au vu de tous les éléments que j'ai pu réunir à charge ou décharge de chacun des protagonistes et en relation avec mon CDC mon choix ira, aujourd'hui... encore vers l'Inpiration sans la moindre hésitation suivi par le rEvo et enfin le Megalodon.


    En fait, je pense que si vous désirez tout simplement un recycleur de bonne qualité et fiabilité à prix modéré vous choisirez sans hésitation l'Inspiration (ou Evolution). Par contre si votre choix est dicté en priorité par le mode mCCR vous choisirez alors le rEvo en version de base ou Hybride en fonction de vos moyens. De plus, l'avantage d'un appareil avec faux poumon dorsaux est que ce dernier semblera plus naturel pour un plongeur bouteille qui fera un premier essai sur recycleur. Par contre pour un habitué des poumons sur les épaules, passer sur des poumons dorsaux fait perdre en qualité ventilatoire et c'est là un point difficile à mettre de côté. Pour les habitués des faux poumons d'épaule qui aimeraient tout de même se dégager le torse, il y a également le choix des modèles de type "backmounted" à mi-chemin entre les vrais poumons dorsaux et ceux d'épaules (disponible sur Inspi et Megalodon). Pour en revenir au choix du rEvo, il ne faudra pas oublier que l'ordinateur de décompression est un passage obligatoire pour tirer parti de votre recycleur. Voire même un second en backup. La note pourra paraître (un peu) moins salée au début avec un recycleur non équipé de cet ustensile mais s'alourdira très vite par la suite. Si vous aimez la belle mécanique et que votre budget est élevé vous serez alors tenté d'aller vers le Megalodon.


    Et pour finir, est-ce qu'il y a un recycleur meilleur que les autres. Ma réponse, même si elle est pondérée reste invariablement non. Le meilleur recycleur est celui qui a les caractéristiques qui se rapprochent le plus de vos critères et choix personnels.
    En ce qui me concerne malgré les solutions techniques intéressantes proposées par le rEvo III et qui ont attirées mon attention, certains défauts que j'ai pu relevés respirent trop le bricolage de fond de garage indigne d'un appareil de ce type. Cependant au delà des aspects purement technique (qui reste des choix personnels et donc subjectifs) c'est surtout le tarif élevé et du coup le rapport qualité/prix de ce dernier qui le place derrière l'Inspiration. Idem pour le Megalodon mais qui est techniquement au top et que je regrette franchement de devoir envoyer au dernier rang. L'Inspiration remporte donc mon adhésion grâce à sa maturité et à un bon niveau de qualité et de finition associé à un tarif contenu.


     
    Tableau récapitulatif
             
     
    Megalodon
    Inspiration
    JJ-CCR
    rEvo
    Légende
    Type de recycleur
    e/mCCR
    eCCR
    eCCR
    m/e/hCCR
    +++ excellent
    Aspect général
    +++
    ++
    +++
    ++
    ++ trés bien
    Finition générale
    +++
    ++
    +++
    ++
    + bien
    Poids à vide (en version standard) et plein
    33Kg
    + chaux 2,5Kg
    29Kg
    + chaux 2,5Kg

    32Kg
    + chaux 2,5Kg

    29Kg
    + chaux 2,7Kg

    +- moyen
    Conception armature/coque
    +++
    ++
    +++
    ++
    - mauvais
    Confort ventilatoire

    Faux poumons d'épaule :
    bonne toutes positions
    Faux poumons dorsaux :
    bonne à plat ventre
    correct en vertical
    moyen sur le dos

    Faux poumons d'épaule :
    bonne toutes positions
    Faux poumons dorsaux :
    bonne à plat ventre
    correct en vertical
    moyen sur le dos

    Faux poumons dorsaux :
    bonne à plat ventre
    correct en vertical
    moyen sur le dos
    Faux poumons dorsaux :
    bonne à plat ventre
    correct en vertical
    moyen sur le dos
    -- très mauvais
    Cartouche de chaux
    Radiale/axiale
    Axiale
    Radiale/axiale
    Radiale/axiale
     
    Qualité/finition des Contrôleurs et électronique interne
    +++
    +++
    +++
    +
     
    Ordinateur de décompression
    En option (Shearwater)
    Vision couleur
    Shearwater
    En option (Shearwater)
     
    Adaptatabilité (blocs toutes tailles)
    +++
    +-
    avec la caisse d'origine
    +++
    avec frame
    +++
    +-
     
    Contrôle d'usure de la chaux
    NON
    OUI (tempstick)
    NON
    OUI (RMS avec estimation du temps restant)
     
    Maintenance
    ++
    ++
    ++
    ++
     
    CE
    OUI en version standard
    OUI
    OUI
    OUI (rEvo III)
     
    Tarif
    --
    ++
    +
    +-
     
    SAV

    US : Eloigné mais sans critique
    France : pour pièces détachées uniquement

    UK
    UK
    Belgique
     

     



     



    Mise à jour du comparatif des recycleurs du marché (novembre 2016)


    En cette fin d’année 2016 je vous propose une petite mise à jour du comparatif des principaux recycleurs du marché.


    Je rappelle que mon objectif n’est pas de faire un comparatif exhaustif de toutes les machines existantes mais de me cantonner aux plus représentatives et à celles que nous rencontrons habituellement dans les clubs ou au bord de l’eau, que ce soit sur un bateau ou encore en côtière. Je mets également de côté le monde souterrain que je ne pratique pas du tout et où les contraintes et exigences sont différentes de la mer. De plus, la plongée souterraine étant principalement hors structure la diversité des machines rencontrées sera plus importante principalement dû au fait que la certification CE n’entre pas dans les critères obligatoires.


    Des machines ayant pignon sur rue nous retrouvons donc aujourd’hui le Megalodon avec le rEvo, l’Inspiration et enfin notre nouveau venu le JJ-CCR. Sur le papier, le JJ semble d’ailleurs être l’un des meilleurs challengers du moment face à l’Inspiration.


    Le Megalodon avec l’Inspiration et le JJ forme le trio des machines de type eCCR (avec faux poumons dorsaux) très proches l’une de l’autre par leur mode de fonctionnement et leur équipement. La machine suivante en lice est le rEvo qui, comme déjà vu dans le face à face précédent, est un hCCR de conception bien différente de nos 3 premières machines. Et pour finir et comme déjà signalé dans mon premier comparatif, j’élimine le Sentinel pour les mêmes raisons qu’évoquées précédemment mais en plus, et pour enfoncer le clou, je constate plusieurs année après sa sortie que c’est une machine quasi inexistante que ce soit dans les centres de bord de mer mais aussi sur les plans d’eau intérieurs.


    A mon grand regret je n’ai pas encore eu l’occasion d’essayer le JJ-CCR, cependant j'ai passer pas mal de temps à osculter la machine de près et à discuter avec leurs propriétaires. Je baserais donc mes commentaires sur ce que j’ai vu et lu et je ferais confiance aux propriétaires que j’ai questionnés pour m’expliquer tel ou tel détail de la machine. Je rappelle aussi que l’objectif de mes présentations n’est pas de faire un tour complet et détaillé des machines mais juste d’en décrire les principales caractéristiques. D'ailleurs je ne pense pas qu'un essai en vrai grandeur du JJ-CCR m'apporterait de quelconques informations essentielles à vous communiquer ou qui pourraient le distinguer de ses congénères. En effet ce recycleur n'intègre que des solutions déjà connues sur ses concurrents ce qui en soit est tout de même un peu regrettable pour un petit nouveau. Mais comme le dit l'adage, c'est dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes.


    Pour commencer voyons les dernières évolutions significatives sur nos 3 premiers challengers avant de voir plus en détail le p'ti nouveau. J’entends par « significatives » celles qui se voient et pour lesquelles le plongeur y trouvera un intérêt réel pour ses plongées de tous les jours.


    Le Megalodon :

    Chez ISC le nouveau Megalodon « MEG 15 » ne semble pas avoir changé extérieurement. En fait c’est toute la partie électronique qui a évoluée en passant à la version APECS 4 (anciennement 2.7). Sur la tête du MEG 15 quatre connecteurs sont présents pour relier la console APECS4, le HUD, le Shearwater (en option) et un dernier élément au choix (HUS NERD par exemple). L’électronique APECS4 reprends d’ailleurs les caractéristiques déjà vu sur l’APECS2.5 et qui permet de brancher des appareils compatibles CAN (standardisé ISO) comme le Shearwater Petrel ou encore le NERD.

    Petit détail qui manque toujours sur le Meg, même en option, est le "stand" (pied) pour réhausser le canister lorsque l'on est en position assise. Position qui peut vite devenir inconfortable une fois complètement équipé en attendant la mise à l'eau. Et même remarque pour la poignée toujours inexistante d'origine. Ce qui devient mesquin au vu du prix de l'engin.


    Bonne nouvelle, l’allumage de la machine ne se fait plus par l’intérieur mais enfin comme tous les autres recycleurs via la console. Cette dernière est d’ailleurs équipée de contacts humides comme sur l’Inspiration. Pour de plus amples détails sur l’électronique APECS4 je vous invite à lire le manuel utilisateur sur le site web Innerspace.


    Autre point que l’on remarque aussi très rapidement c’est le prix qui a fait un bon et passe à 11766 dollars (10734€ au cours actuel Nov. 2016) en config équivalente aux autres challengers de ce comparatif. A ce tarif il ne faut pas oublier d’ajouter la TVA de 20%. Ce qui nous amène à la coquette somme de 12880€ TTC. Même remarque que dans mon comparatif précédent; si le Meg est une très belle machine, son prix astronomique ne se justifie pas en comparaison d’un JJ-CCR qui reste la machine la plus proche. Pour donner un ordre de grandeur significatif, cela correspond au prix de 2 recycleurs Inspiration !


    L’Inspiration :

    Pour la machine AP Diving le principal changement réside dans la nouvelle console Vision couleur tant attendue après l’arrivé du HUS (couleur également). Cette nouveauté met enfin l’Inspiration au niveau de ses concurrents généralement équipés du Shearwater dernier modèle (Petrel aujourd’hui après le Predator).


    Le tarif de l’Inspiration est resté stable mais cependant, il dépend toujours du cours de la Livre Sterling. Au moment de cette mise à jour l’Inspi XPD en configuration équivalente aux eCCR (JJ-CCR/Megalodon) revient à 5689 Livres soit 6315 euros TTC.


    Le rEvo

    Depuis le premier comparatif le rEvo III n’a pas vraiment évolué et reste tel que décrit précédemment.


    Le tarif du rEvo III version EXPEDITION Petrel DiveCan Expedition hybrid PPO2 controller non-rMS revient à 7.300€ + 300€ de blocs (hors TVA), ce qui nous amène à un tarif non négligeable de 9120 euros TTC.


    Le JJ-CCR, le nouveau venu :

    Au premier regard le JJ en impose par sa construction sérieuse vêtu de noir et d’aluminium et maintenu bien droit sur son superbe pied inox. Au plus près, la finition de l’ensemble confirme les premières impressions et place d’emblée le JJ dans le haut du panier aux côtés du Megalodon. Il est clair que sur ce point l’Inspiration est en retrait et de même pour le rEvo.


    D’origine tout l’essentiel est là (stab/plaque inox, adaptabilité du support bloc, pied inox, poignée, ADV avec flowstop, ordi trimix avec HUD) sur le JJ et on voit que le fabricant a su prendre le meilleur chez chacun de ses concurrents. C’est un des gros avantages d'être le dernier arrivant sur le marché. On constate aussi que la machine est déclinée en versions CE et internationale pour s’adapter à tous les marchés. De premier abord et pour une machine récente je regrette un peu de ne pas trouver la moindre innovation technique. La machine reste somme toute relativement basique voire trop. "Basique", semble d'ailleurs être la philosophie de son fabricant plutôt orientée DIR.


    Passons maintenant aux côtés pratiques. Le démontage de la machine ne présente pas de difficultés et la tête est rapidement accessible par manipulation d’un simple poussoir pour extraire les cellules ou renouveler la chaux (canister axial de 2,5kg). A l’opposé, le changement des piles d’alimentation (2 x 6v lithium CRP2 en parallèle pour le solénoïde et une 3.6v lithium SAFT 14500 pour le HUD) se fait par le dessus de la tête et demande de dévisser 10 vis pour accéder au compartiment étanche (et isolé de la boucle). Quoiqu’il arrive au recycleur (noyade de la boucle par exemple) les piles resteront au sec. Heureusement la durée de vie des piles est donnée pour 6 à 12 mois, ce qui évitera les démontages et remontages incessants. En plus des piles citées précédemment vous trouverez également une 3.6v lithium de type SAFT 14500 dans l’ordinateur Shearwater Petrel.


    Les démontages pour l’entretien sont donc aisés sur cette machine au même titre que sur le Megalodon ou sur l’Inspiration. Le nettoyage des faux poumons l’est également tout autant que sur ses petits camarades.


    Au même titre que sur le Megalodon je remarque cependant, à regret, qu’il n’est pas prévu au catalogue une sonde de température pour mesurer l’usure de la chaux comme ce que l’on trouve sur l’Inspiration (tempstick) ou le rEvo (RMS). Ce petit acessoire (une vulgaire thermistance) est simple à mettre en oeuvre et d'une fiablité à toutes épreuves, alors pourquoi s'en priver au vu du service sécuritaire rendu ?


    Pour rester dans la partie centrale de la machine et plus particulièrement l’électronique, le JJ-CCR est livré avec un ordinateur de décompression de type Shearwater Petrel associé à un HUD indépendant. A noter que les séquences de clignotements des LEDs (12 LEDs au total de couleurs rouge/orange/vert) sont également prévus pour pouvoir s’adapter aux daltoniens. Je ne ferais pas la description du Shearwater qui est largement utilisé sur plusieurs recycleurs et qui donne entière satisfactions à ses utilisateurs.


    Comme dit précédemment le HUD est indépendant de l’ordinateur et a comme revers de la médaille qu’il impose d’effectuer deux calibrations, d’abord une pour le Petrel suivie d’une autre pour le HUD.


    Un très bon point à signaler est que le JJ peut, dès l’origine, s’adapter au montage de plusieurs tailles de blocs, que ce soit du 2, 3, 4, 5 ou 6 litres alu ou acier et tout cela avec de simples sangles de stab.


    En terme d’équipement le JJ est vendu avec une plaque dorsale et un harnai basique voire minimaliste. Certains regretteront qu’il n’y ait pas quelques renforts d’épaule ou encore des poches pour mettre quelques accessoires ou plus communément pour ajuster le lestage.


    Le JJ est vendu uniquement avec des faux poumons dorsaux du même type que ceux de l’Inspiration ou du Megalodon. Par contre, pas de poumons d’épaule au catalogue. Le fabricant a dû estimer, à juste titre, que la demande sera faible pour ce montage. Comme tous les recycleurs avec faux poumons dorsaux la position ventrale est la plus confortable pour la ventilation mais les choses se gâtent un peu à la verticale et plus particulièrement une fois passée sur la position dorsale. Heureusement cette dernière position n’est pas la plus usitée mais bien pratique pour la plongée sous plafond (épave, grotte) ou encore sur les tombants (surplomb).


    Avec 34Kg prêt à plonger, le poids du JJ reste dans la moyenne haute de ses confrères hors de l’eau. Mais il ne faut pas oublier qu’il est constitué d’un bloc compact d’aluminium et monté d’origine avec une plaque dorsale, un pied en inox et une poignée, ce qui selon les utilisateurs permet de n’embarquer que très peu de lest en étanche et aucun en humide. Au final sur ce point tout nos challengers restent donc très proches. Le poids est soit sur la machine soit dans les poches. Certains préfèreront une machine lourde d’origine pour éviter de rajouter du poids dans l’eau et d’autres s’orienteront plutôt vers des machines plus légères, pour le transport et les voyages, quitte à ajuster le lestage une fois sur place. La machine lourde et dense d’origine pourrait cependant présenter quelques inconvénients en eau douce.


    En synthèse :

    Pour conclure par des considérations de classement, à équipement égal, et si on prend en compte les aspects qualité et finition le JJ apparait comme le concurrent direct du Megalodon. Le rEvo de fabrication moins rigoureuse et l’Inspiration de conception plus ancienne (fabrication en PVC) forment le duo final mais tout en restant d’un bon niveau.


    Et comme toujours on termine notre tour d’horizon avec les tarifs. En ce mois de novembre 2016 le JJ-CCR est vendu au tarif de 7190€ HT soit 8628 euros TTC. Bien que le prix apparaisse élevé dans l’absolu, il me semble cependant tout à fait justifié au vu des caractéristiques de la machine et, bien sûr, en comparaison avec ses concurrents.
    Si on considère que le point de vue tarif le JJ, toujours à config égale, se situe entre l’Inspiration et le Megalodon et le place en concurrence directe avec le rEvo. Le rEvo étant tout de même placé un cran au-dessus sur l'échelle des prix. Ne pas oublier cependant que le rEvo est équipé du RMS qui justifie l'écart de prix et qui fait défaut au JJ.


    Le Megalodon se voit donc largement détrôné à cause d’un prix que j’avais déjà jugé excessif lors de mon premier comparatif mais qui aujourd’hui devient difficilement justifiable face à un JJ de qualité et d’équipement équivalent voire plus complet (pied pour réhausser la machine et poignée inox d'origine). Au final le JJ présente donc un rapport qualité/prix/prestation bien meilleur que la machine d’ISC.
    En comparaison avec le rEvo, qui se situe dans une tranche de prix légèrement supérieure, le JJ remporte, de mon point de vue, largement le match principalement grâce aux aspects qualité/finition. Cependant le rEvo pourrait être sauvé par son mode hCCR (sans oublier le RMS) qui sera certainement un des critères déterminant pour le choix final d’un plongeur.


    Et pour finir le JJ face à AP Diving. L’Inspiration quelque peu déclassé à cause de sa fabrication plus légère met plutôt l’accent sur un prix d’attaque défiant toute concurrence avec plus de 2300 euros d’écart (soit 37%). Pour beaucoup de plongeurs qui ne font que quelques dizaines de plongées par an, le prix restera toujours un critère important, si pas LE critère déterminant. Dans la réalité on s’aperçoit bien que nombreux sont les candidats qui hésitent devant les tarifs élevés de ces machines. Face à la machine APD et avec 2K euros économisés, nos petits canards auront vite compris que cela leur permettra de s’offrir les éléments obligatoires et indissociables de la panoplie du plongeur recycleur. Pour être plus précis cela permettra l'achat de 2 bailouts avec les détendeurs associés (ou un bailout/détendeur avec un ordinateur de backup) et aussi tous les accessoires et pièces détachés pour compléter l'équipement de base. Ce est non négligeable, loin de là, dans la balance.


    A noter qu’aujourd’hui, en France le nombre de formateurs sur JJ-CCR est extrêmement limité. Il est cependant possible d’étendre la recherche d’un instructeur à l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou encore d’aller faire un petit séjour en Egypte. Il sera, bien sûr, préférable de parler la langue du pays ou au minimum de maitriser l’Anglais.


    En ce qui me concerne le JJ-CCR est extrêmement tentant (hormis le prix) et est certainement une des meilleures machines du moment. Par rapport à mon Inspiration je regretterais cependant le tempstick qui devrait, aujourd'hui, faire partie de la liste des options obligatoires sur toutes les machines sérieuses mais aussi la console Vision couleur dernière génération que je trouve largement plus évoluée que ses concurrentes. Le Shearwater restant pour l’Inspiration un excellent ordinateur de backup. Si on met de côté l’aspect fabrication PVC VS Alu, je trouve que l’Inspiration reste la machine ou les progrès technologiques sont et resteront certainement les plus importants grâce au fait qu’AP Diving n’est pas lié à une électronique dont elle n’est pas propriétaire. De plus la fiabilité de la machine reste d’un très haut niveau.


    Autre considération pour un plongeur déjà formé et équipé sur une machine APD. Est-ce que le cross-over vers le JJ serait intéressant ?
    Là aussi comme précédemment c’est surtout une histoire de prix car les deux machines sont techniquement semblables et de passer de l’une à l’autre se fera sans aucune difficulté si ce n’est l’obligation de faire un cross-over diluant air puis trimix en y consacrant le temps imparti. Plus gênant, il faudra surement justifier d’un nombre de plongées conséquent avant de pouvoir obtenir la qualification trimix. Même si il est surement possible de s’arranger avec un instructeur, l’expérience montre qu’il est préférable de ne pas griller les étapes et d’attendre d’avoir une pratique suffisante de la machine avant de se lancer dans des plongées plus engagées.


    L’achat de la nouvelle machine avec les formations et le temps nécessaire à l’expérience demanderait alors de patienter de longs mois voire un à deux ans suivant le niveau de pratique avant de pouvoir refaire les mêmes plongées qu’aujourd’hui. Du temps, de la patience et beaucoup d’argent pour faire les mêmes plongées avec une nouvelle machine en rebuterait certainement beaucoup.


    Conclusion finale :

    Pour conclure et pour un premier achat je conseillerais à un débutant de se tourner vers le JJ si ses moyens le lui permettent et si l’usage qu’il en aura justifie la dépense. Si ce plongeur ne souhaite pas se ruiner, le choix se portera plutôt vers l’Inspiration qui pour le prix du JJ, lui permettra non seulement d’obtenir la machine mais aussi tous les accessoires (bailout/détendeur, ordi de backup) qui vont avec pour un départ sous l’eau clés en main.


    Ensuite vient le cas du rEvo qui sera surement choisi pour son mode de fonctionnement sur base mCCR. Cependant si le plongeur a les moyens de se payer un rEvo un dilemme apparaitra certainement face à un JJ moins cher et mieux fini. On termine par le Megalodon plutôt destiné aux plongeurs fortunés qui veulent s’offrir la Rolls du recycleur quel qu’en soit le prix mais tout en étant conscient que ce dernier n'offrira rien de plus (voire moins) qu'un JJ si ce n'est d'avoir le plaisir de plonger avec la machine la plus chère !


    Pour un plongeur débutant il ne faut également pas oublier le marché de l’occasion ou un nombre conséquent de machine APD peut se trouver à des prix beaucoup plus abordables pour démarrer dans le monde du silence. L’inspiration Vision est sans conteste la machine la plus largement diffusée et aujourd’hui elle se trouvent assez facilement sous la barre des 4000 euros pour les plus anciennes (fabriquées avant 2010). On peut également trouver des rEvo mais attention à bien choisir la version III qui est la première à avoir été certifié CE. Sauf, bien sûr, si le besoin est pour de la plongée souterraine ou essentiellement hors structure.


     

Inspiration
Recycleur Inspiration Vision
Megalodon
Recycleur Megalodon
Sentinel
Recycleur Sentinel
rEvo
Recycleur rEvo

Compacité, adaptabilité, modularité
Les bienfaits de la compacité (mon Inspi équipé de la Travel Frame entre dans le sac de plongée hors blocs)

Compacité, adaptabilité, modularité
Recycleur JJ-CCR

Avenir des recycleurs


Les recycleurs existent déjà depuis longtemps mais n'étaient réellement utilisés que par les militaires et depuis la dernière guerre mondiale. En France, l'usage civil des recycleurs n'a vu le jour qu'au début des années 90 dans le cadre d'explorations souterraines (RI2000). La pratique loisir est quant à elle très jeune, puisqu'elle n'a démarrée de façon significative qu'à la fin des années 90 (Draeger Atlantis, Buddy Inspiration).


Malgré cette jeunesse apparente, l'avenir des recycleurs est un thème couramment abordé à la fin des articles parus dans les revues spécialisées avec souvent comme conclusion, qu'ils seront l'avenir des circuits ouverts. En effet, les recycleurs auront certainement une place à jouer dans le monde de la plongée mais je ne pense pas qu'ils remplaceront prochainement les scaphandres conventionnels (bloc + détendeur) en circuit ouvert.


Pour s'en convaincre, il suffit de lister quelques éléments qui jouent en leur défaveur (non exhaustifs) :


  • Les deux freins principaux sont, le prix et la complexité des contrôles et de la maintenance en générale (contrôles avant la plongée, entretien après, etc.).
  • Selon les sondages, 80% des plongeurs n'effectuent, tout au plus, que l’équivalent d'une semaine de plongée par an et la pyramide des pratiquants nous montre que le gros des troupes se réparti entre les niveaux 1 et 2. Ce qui veut donc dire que les niveaux 3 et plus, ainsi que les pratiquants réguliers ne forment qu'une faible partie des effectifs.
  • Dernier point non négligeable, est que la majorité des plongeurs est issue du monde associatif ou l'on est habitué au prêt de matériel et aux prix bas. On peut également signaler que pour s'équiper en nombre et pour limiter les coûts, les clubs investissent principalement dans des matériels simples d'entrée et de moyen de gammes mais rarement avec du haut de gamme.

Des constats précédents on peut en déduire que les recycleurs ne pourront faire leur apparition que dans les gros clubs (intéressés par les recycleurs) qui ont des moyens importants ou chez les particuliers passionnés et prêt à investir une somme conséquente. Même si le code du sport sur les mélanges donne l'accès des SCR aux niveaux 1, il y a fort à parier que les clubs réserveront la formation, sur ce type de matériel, uniquement aux plongeurs confirmés.


Je pense également que les recycleurs garderont longtemps une image d'appareil complexe et technique. Si ce dernier point ne rebute pas les plongeurs (bien au contraire), le premier va à l'inverse de ce qu'est prêt à accepter la communauté des palmipèdes. La technique, oui, mais de là à mettre les doigts dans le cambouis et à passer son temps à nettoyer et contrôler un appareil, sûrement pas. Pour beaucoup, la préparation doit être rapide et la mise à l'eau immédiate. Une fois la plongée terminée, le nettoyage ainsi que l'entretien est classé dans la catégorie des corvées. Les démontages et autres réglages de précision ne se font généralement qu'en cas de défaillance du système. Bref, un ensemble de procédures qui ne sont pas franchement compatibles avec l'utilisation d'un recycleur. Temps et patience ne sont pas l'apanage du plongeur du 21ème siècle.


On peut également remarquer l'admiration des plongeurs pour leurs collègues photographes. Ces derniers sont à la limite de passer pour des maniaques et un peu pour des fous au regard des infinies précautions qu'ils prennent pour entretenir et protéger leur matériel. Et pourtant, en terme d'entretien et de préparation, les appareils photos et les recycleurs présentent beaucoup de similitudes. Durant les meilleures périodes (chaudes) pour plonger, les bateaux surpeuplés ne facilitent d'ailleurs pas les opérations de contrôle préalable à la plongée.


Beaucoup de plongeurs aiment partir léger en vacances en emmenant un minimum d'équipement. Tout, ou presque, est loué sur place. D'ailleurs, pour un quidam qui ne plonge qu'une semaine par an, pourquoi investir dans un matériel coûteux et qui risquerait d’encombrer inutilement la maison. Là aussi, l'aspect simplicité et rapidité prime. Cependant, un SCR pourrait facilement être loué prêt à servir avec un contrôle de pré-plongée réduit. Le centre n'aurait qu'à récupérer le matériel après la plongée pour en effectuer le contrôle et le nettoyage. Ceci ne pourrait évidemment être possible que dans des structures haut de gamme et avec des tarifs de location qui le seront tout autant.


Grâce à leur relative simplicité, les SCR pourraient trouver une petite place dans les parcs de location des centres de plongée et pour des formations à coût raisonnable. Le prêt de moyenne (5 à 6 plongées) et longue durée pourrait également être adaptée à une clientèle diplômée. La location à l'unité resteraient cependant plus délicate et certainement plus chère.


Je n'ose même pas parler des CCR, car ils sont plus complexe, plus chère et demande plus de contrôle et d'entretien. Ceci n'aura donc pour effet, qu'une intégration et une manipulation encore plus délicate pour une pratique en club ou en location. Ces derniers resteront principalement détenus par des particuliers ou par les structures pro pour la formation. La location d'un CCR, à un client de passage, est difficilement enviseagable car il faudrait pouvoir s'assurer des compétences mais surtout du sérieux de l'emprunteur. Avec un CCR, le diplôme n'est que le ticket d'entrée, mais il ne prouve en rien les compétences qui sont acquises par une pratique régulière et récente.


Les paragraphes précédents nous ont montré, de façon non exhaustive, que les obstacles à la démocratisation des recycleurs sont nombreux.
Les recycleurs et les formations vont évoluer avec l'intérêt des plongeurs, mais ils resteront probablement réservés à une frange de passionnés qui ont envie de découvrir une autre façon de plonger ou à des adeptes de plongées profondes, de photographie ou tout simplement de technique. Ils deviendront, plus simplement, une nouvelle discipline comme le sont la photographie ou la plongée Trimix et le nombre d'appareils en circulation sera, par conséquence, du même ordre de grandeur que ce que l'on peut trouver dans ces dernières activités. La multitude des voies ouvertes au plongeur de base est justement, ce qui fait la richesse et l'intérêt, sans cesse renouvelé, de notre activité.


Pour clôturer ce chapitre sur l'avenir des recycleurs, j'ai la conviction que la simplicité et le prix relativement abordable de la plongée bouteille lui assurera encore de belles années. Les recycleurs qu'ils soient SCR ou CCR, feront doucement leur apparition sur les bateaux mais resteront limités en nombre. Le recycleur restera certainement un appareil de passionné et/ou une nouvelle niche dans le marché de niche qu'est déjà la plongée.


 

Le recycleur, un appareil en voie d'apparition

Le scaphandre conventionnel a cependant encore de beaux jours devant lui.

Le bloc et le recycleur, deux appareils appelés à se cotoyer de plus en plus souvent


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Vendredi 18 Août 2017



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