Le monde du silence
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Coup de gueule au sujet du nouveau code du sport 2012

COUP DE GUEULE au sujet du nouveau code du sport 2012

Après une version initiale et deux correctifs + une modification (version originale du 5 janvier, rectificatif du 10 mars, modification du 6 avril, rectificatif du 28 avril) du code du sport 2012, la plongée au mélange trouve enfin sa place au côté de celle à l'air, mais non sans mal.


En plus d'avoir gagné quelques amputations et regressions nous pouvons également nous estimer heureux de l'avoir échappé belle et ceci grâce à une bonne dose d'inconscience doublée d'un culte du secret jalousement entretenu par les dirigeants de la FFESSM mais aussi par une incompétence rarement atteinte de la part de notre ministère de tutelle.

Après une première parution impromptue au JO du 22 février 2012, Jean-Louis Blanchard nous gratifie d'un communiqué de 6 pages digne du monde des bizounours et avec l'impression que les instances fédérales sont fières de leur travail de collaboration avec le ministère.
Le peu de réaction des instances fédérales nous incite d'ailleurs à penser qu'elles ne sont pas complètement étrangères à ce piètre résultat. En effet, les premieres analyses et commentaires du CDS, comme les suivantes, nous ont malheureusement prouvés que les dirigeants fédéraux n'ont absolument pas les même attentes ni inquiétudes que le plongeur lambda ou pire qu'ils semblent complètement déconnectés de la réalité du terrain.

D'ailleurs, en fait d'analyse, les communiqués de la FFESSM se sont souvent résumés à une simple lecture des évolutions du CDS sans apporter d'explication sur les points majeurs ni en décrire les impacts et conséquences sur la vie des vrais plongeurs. Ces communiqués et soit disantes analyses sont tout de même affligeantes pour une fédération qui se dit délégataire et qui parle puis négocie avec le MJS au nom de tous les plongeurs de l'hexagone.

Pour ma part cette première version n'a été qu'un torchon d'incohérences et d'inepties qui a eu, bien heureusement, pour effet de mobiliser l'ensemble de la communauté des plongeurs pour crier leur rejet de ce tissus d'âneries. Suite à cette montée de boucliers les instances fédérales ont rapidemment réagient afin de négocier quelques corrections avec le ministère des sports.

Dans un second communiqué, début mars, et suite aux nombreuses protestations JLB qualifie encore ce nouveau CDS de : "gain en lisibilité et maintes avancées intéressantes, hélas accompagnées d'une complexification réglementaire". Il reconnait cependant que dixit : "Toutefois, et de façon indéniable, certaines dispositions sont vécues comme étant en opposition totale avec la réalité du terrain".


Il est regrettable de constater que pour des sujets aussi importants les instances fédérales ne soient pas à la hauteur des enjeux. Ce laxisme associé à une incompétence chronique du ministère des sports ont bien failli signer la fin de la plongée aux mélanges en France. Tout ces évènements nous rappellerons singulièrement la vie politique Française avec ces dirigeants beaucoup plus préoccupés par leurs petites guerres intestines pour garder le pouvoir au détriment de l'intérêt de la population qui les a élu.


Pour mieux comprendre ce coup de gueule je vous invite à en lire les 3 étapes qui suivent et que j'ai intitulé :
Nouveau Code Du Sport 2012 (version initiale)
Communiqué FFESSM du 24 mars 2012
Communiqué FFESSM du 4 avril 2012


Pour déchiffrer la version finale du CDS vous pouvez lire le document éditer par Alain Delmas pour l'IFP Sport. Les commentaires qualifiés d'analyses de la part de la FFESSM n'apportant malheureusement que très peu d'éclaircissement ou d'explication sur les évolutions et encore moins sur les disparitions de textes dans ce nouveau code du sport.

Espérons seulement que les dirigeants de la FFESSM sauront tirer les leçons, pour l'avenir, des disfonctionnments graves et évènements survenus dans la rédaction de ce code du sport 2012. Autant de mauvaises règles fédérales peuvent être corrigées rapidemment, autant une mauvaise règlementation pourrait restreindre (voire stopper) notre activité et pour de nombreuses années.

 

Nouveau Code Du Sport 2012 (version initiale)

Depuis l’invention du scaphandre autonome et les expéditions de la Calypso qui ont fait la gloire de la plongée Française la FFESSM tente péniblement de garder cette image de pionnière dans un monde largement dominé par l’école Anglo-saxonne. Pour l’aider dans cette lourde tache l’état Français a mis en place un arsenal de mesures dont la plus connues aujourd’hui porte le doux sobriquet de Code Du Sport. Le CDS permet ainsi à la plongée Française de vivre, depuis de longues années, dans sa bulle de protection et de se développement ou plutôt de se maintenir à flot dans un avenir incertain.


A la lecture du nouveau code du sport version 2012, on peut cependant légitiment s’interroger sur les objectifs recherchés par l’état et sa fédération délégataire. D’année en année les clubs associatifs et les structures professionnelles se battent pour garder la tête hors de l’eau (ce qui est paradoxale pour un plongeur !) mais l’évolution des réglementations  rend l’exercice, à chaque fois, plus périlleux.


Comme vous l’avez bien compris mon objectif n’est pas de vous faire une analyse détaillée de cet arrêté mais de vous faire partager un billet de (mauvaise) humeur sur quelques points en particulier qui sont apparaus au fils des différentes versions de ce CDS avant d'arriver à la version finale. Afin de rester dans le domaine qui nous intéresse, je vais concentrer mes diatribes sur les sujets en rapport avec la plongée aux mélanges et donc directement ou indirectement avec les recycleurs.


Ce coup de gueule portera plus particulièrement sur la création des aptitudes PN-20 et PTH60, sur la qualification du DP trimix mais aussi sur l'incompétence des instances administratives et/ou fédérales et plus précisément leur bêtise qui aura failli avoir pour conséquence d'enterrer encore plus profondément une pratique qui avait déjà eu beaucoup de mal à se développer en France (ndlr : la plongée nitrox et trimix).


De manière générale et au gré de l'évolution de la réglementation plongée on peut constater que les textes sont de plus en plus sévères et/ou contraignants pour l'ensemble des pratiquants (président/moniteur/plongeur). Les prérogatives diminuent au détriment des compétences demandées qui à pratiques égales augmentent. Dans un même temps les obligations administratives et matérielles évoluent à la hausse.


Dit autrement, on assiste au fil des années, doucement mais surement, à une surenchère de moyens et d’obligations imposées à l’ensemble des pratiquants. Cette méthode, typiquement Française, qui consiste à déployer des moyens surdimensionnés par rapport aux besoins réels permet souvent aux structures hiérarchiques de se couvrir en invoquant la protection des personnes. Cette démarche d’excellence, très à la mode,  engendre malheureusement une fausse impression de sécurité masquée par un apport de sur-compétence inutiles et par une multiplication des règlementations (qui engendre de nombreuses incompréhensions ainsi que des interprétations hasardeuses et/ou fausses dues à une complexité qui est le reflet de l'administration à la Françaises) au profit d’une pratique simple et pragmatique (et souvent plus sécuritaire) accessible et compréhensible par le plus grand nombre.


PN-20 :

Je serais prêt à parier que les joyeux créateurs de la dénomination PN-20 l'ont fait sous le fallacieux prétexte de protection des pratiquants ou encore du "qui peut le plus peut le moins" (PN-C devient obligatoire pour la zone 20-40m !). En effet quelle pourrait être la raison justifiant qu'un plongeur qualifié nitrox soit limité à la profondeur de 20m (hormis sa limite de prérogative air en terme de profondeur) ?

Profondeur à laquelle un nitrox n'a qu'un intérêt limité. Pour rappel, cette qualification permet d'utiliser des nitrox avec une concentration d'O2 comprise entre 20 et 40%. La profondeur optimale d'un mélange nitrox se situant plutôt dans la zone des 30m. Par exemple, avec un Nx35 et une marge de sécurité hyperoxique confortable (PpO2 de 1,4b à 30m) un plongeur nitrox pourrait plonger en toute sécurité et surtout avec un risque moindre qu’à l’air.


La qualification nitrox confirmé (PN-C) qui permettrait dorénavant de dépasser les 20m n'a pour la majorité des plongeurs loisir aucun intérêt. Alors pourquoi imposer cette dernière qualification à des gens qui n'en n'auraient pas l'utilité ?

Imaginez l'ineptie suivante : un N2 encadré ou encore un N3 limité à 20 mètres avec sa qualification nitrox !


Pour rester plus pragmatique et se faire une autre idée du problème il suffit de quitter le territoire national pour regarder ce qui se fait ailleurs. Mais est-ce bien utile ? Tous les plongeurs (ou presque) savent déjà que dans le monde entier la qualification nitrox de base (spécialité la plus vendue dans le monde) est suffisante et parfaitement adaptée pour la plongée jusqu'à 40 mètres. La France devenant, avec ce nouvel arrêté, le seul pays au monde à limiter les plongeurs à 20m avec une qualification nitrox. Même les agences de formation Américaines n'y avaient pas pensé, c'est dire !!!


J'ai beaucoup de mal à comprendre comment une telle absurdité a pu passer aux yeux et à la barbe des instances fédérales fût-elles que délégataires. En effet, délégataires ne veut pas dire quelles font la loi, mais elles apportent toute la substance (proposition de texte de loi) et leur avis d'expert afin que le ministère puisse rédiger le texte définitif.


Qu'il y est incompétence dans le domaine de la plongée au ministère des sports, cela se conçoit aisément mais que les instances fédérales puissent cautionner une telle absurdité (et il ne peut en être autrement) démontre à nouveau l’incapacité de nos instances dirigeantes fédérales à jouer leur rôle. Ou peut être faut-il tout simplement aller chercher des raisons plus mercantiles ?


Détails supplémentaires concernant le nitrox :

Avec les qualifications PN-20 et PN-C la phrase de l'ancien texte sur le calcul de la profondeur maximale d'évolution avec un mélange nitrox fonction de la pression partielle maximale d'O2 admissible disparait au profil des profondeurs fixes.


Une autre phrase disparait également : au-delà de 40% d'O2 le matériel devra être compatible pour une utilisation oxy pur. Le nouveau CDS supprime donc officiellement l'aspect dérogatoire qui permettait d'utiliser du matériel "air" avec un mélange nitrox inférieur à quarante pourcent d'O2.
Ce qu'il faut cependant savoir est que les normes EN-144-3 (robinetterie M26) et EN-13949 (bouteille) s'appliquent aux constructeurs, distributeurs et prestataires de service depuis 2008. Avec la disparition de l'aspect dérogatoire de l'ancien arrêté les clubs et centres de plongée vont être obligés de suivre les nouvelles normes nitrox et du coup la clientèle sera également obligée de suivre le pas.
Il est à parier que le nitrox, après un démarrage difficile, va subir un important coup de frein pour les années à venir. Quelques centres de plongée ont commencés à s'équiper en bloc et détendeurs nitrox en vue de la location. Mais est-ce que les clients accepteront de payer une location supplémentaire pour plonger au nitrox ? L’avenir nous le dira, mais je reste profondément sceptique !


PTH60 :

Le plongeur trimix/héliox 60m est également un bel exemple d'absurdité de ce nouveau code du sport. Les plongeurs trimix normoxiques verront dorénavant leurs prérogatives diminuées de 10 mètres par rapport à l'ancien texte. Là encore quel va devenir l'intérêt  d'une qualification vous donnant des prérogatives que vous avez déjà à l'air, si ce n'est l'utilisation de l'hélium ?


L'utilité de passer une certification trimix n'est-elle pas de descendre un peu plus profond et en toute clarté et pour les plongeurs plus technique d’augmenter leur zone d’évolution ?


Il y a fort à parier que le choix de la PTH60 a été dicté pour coller à un des espaces d’évolution définis dans le CDS. En effet, 70 mètres ne correspond à aucune des limites des espaces d’évolution proposés. La valeur inférieure par défaut (60 mètres) aurait donc été choisie.
Maigre consolation que le simple plaisir de respirer de l'hélium. Sans oublier que vous aurez dépensé la bagatelle de 800 euros de formation pour ce petit privilège et que le coût de chacune de vos plongées trimix se verra augmenté d'une dizaine d'euros.
Comme vous l'avez compris cette qualification perd, avec le nouveau code du sport, le peu d'intérêt qu'elle avait, si ce n'est de faire tourner le commerce et permettre à quelques pros de rentabiliser leurs installations. Huit cents euros facilement gagnés, cela ne se refuse pas !


Pour justifier pleinement cette qualification il ne reste plus qu'à nos têtes pensantes de nous convaincre que le trimix est une nécessité absolue au-delà des 40 mètres !


Suite à cette nouvelle règlementation, les plongeurs s’orientant vers une plongée technique profonde auront tout intérêt à enchainer les deux formations trimix (PTH60 + PTH120) dans la foulée, voire de concaténer les deux en un seul package. Ce qui irait à l’encontre de l’objectif visé qui est de permettre aux plongeurs techniques d’acquérir une expérience significative avec le PTH60 avant de passer au trimix profond jusqu’à 120m.


Je ne ferais aucun commentaire en ce qui concerne l’apparition de l’aptitude PTH40 qui ne promet rien de bon pour le futur !


Disparition du directeur de plongée E3 (MF1/BEES1...) trimix en exploration :

En lisant le nouveau code du sport, les plongeurs et plus particulièrement les moniteurs trimix n'auront certainement pas manqué de lire avec stupéfaction le tableau de l'annexe III-15a qui précise que pour les plongées au trimix, en enseignement ou en exploration, le DP sera E4 (MF2/BEES2...).
Difficile d'imaginer ce qui a pu pousser les instances fédérales et/ou administratives à rétrograder les E3 de cette façon. Les E3 ont toujours été directeur de plongée en exploration dans la limite de 60 mètres. La distinction pour la direction de plongée (en explo) dans cette zone de profondeur ne se faisait que sur la qualification afférente au mélange utilisé. Et de même pour les mélanges nitrox.


Les E3 trimix pourront se consoler en faisant quelques formations trimix dans la limite de 40m (CDS, annexe III - 18c) sous la direction d'un E4 trimix (sanglots !!!)


Pas besoin d'être devin pour voir que la perte de ces prérogatives aura un impact direct sur les clubs associatifs qui pratiquent la plongée trimix et de même pour les structures commerciales qui ne comptent que des moniteurs 1er degré dans leurs rangs.
Les mélanges nitrox comme trimix permettent d'améliorer de façon importante la sécurité des plongées effectuées dans l'espace 0-60m. En réduisant le nombre de directeurs de plongée comme peau de chagrin le ministère des sports et la FFESSM vont à l'encontre des règles élémentaires de sécurité et des besoins des pratiquants. Et ce n'est pas le faible nombre de 2ème degré et de plus qualifiés trimix qui pourra compenser cette perte importante de directeurs de plongée 1er degré.


Beaucoup de plongeurs trimix en circuit ouvert ou en recycleur se verront donc obligé de repasser à l’air dans la zone 40-60. Si la plongée à l’air à 60m reste dans la culture de la plongée Française, il apparait qu’utiliser un diluant air à ces profondeurs pour les recycleurs présente des risques beaucoup plus importants d’essoufflement et de narcose.


A l'instar du nitrox qui avait eu énormément de mal à démarrer dans notre pays, le ministère des sports avec le concours des instances fédérales portent, avec cet arrêté, un coup fatal à la plongée Française aux mélanges.


Incompétence et bêtise des instances administratives et/ou fédérales :

Suite aux différents points énoncés précédemment ce dernier en est la conséquence logique et la conclusion.
En lisant l'analyse et les commentaires du code du sport faits par le président de la FFESSM Jean-Louis Blanchard, je ne peux que confirmer que les dirigeants de notre fédération ont une large part de responsabilité dans les lacunes et incohérences de ce nouvel arrêté. Il est d'ailleurs affligeant de constater que sur plusieurs points énoncés précédemment aucune remarque n'apparait dans les commentaires de Jean-Louis Blanchard. C'est particulièrement le cas en ce qui concerne la disparition du texte sur l'utilisation du matériel conventionnel "air" pour les mélanges contenants moins de 40% d'O2 ou encore pour la disparition du directeur de plongée E3 trimix en exploration. Nous n’avons également aucune explication sur la limitation à 20 mètres des plongeurs nitrox.


Avant de débuter son analyse JLB retrace l'histoire de ce nouvel arrêté :
- "Toute une série de réunions pilotées par la Direction des Sports, d'échanges par E-mails, de rencontres avec les syndicats"
- "ce projet d'arrêté a été envoyé à la FFESSM début décembre 2011, pour avis de la fédération délégataire."
- "Une ultime réunion de calage, interne à la FFESSM, avec les dirigeants de la Commission
Technique Nationale, de la Commission Médicale et de Prévention Nationale, le DTN et moi même, nous a permis de finaliser nos dernières recommandations, communiquées à la Direction des Sports à la fin du mois de décembre."
- "Suite à quoi l'arbitrage définitif a été fait en début d'année 2012, et le Directeur des Sports Bertrand Jarrige a signé l'arrêté."

A la lecture des étapes de rédaction du CDS décrites par JLB il semble peu crédible que les points évoqués dans ce coup de gueule aient pu passer au travers des mailles du filet des acteurs présents. On pouvait également penser que les syndicats (ANMP, SNMP, SNEPL, SMPS-CGT) aient pleinement participé à l’ensemble des débats. Et il semblait d’ailleurs inconcevable que ces mêmes syndicats n'aient pas réagi négativement sur un certain nombre de points qui affectaient directement l'activité commerciale d'une structure professionnelle. Malheureusement c’est souvent après coup que l’on découvre une partie de la vérité.


En effet, un courrier de l’ANMP à ses adhérents nous apprend que la Direction des Sports, service de la réglementation, n’a jugé utile d'organiser qu’une seule réunion formelle de travail avec les partenaires institutionnels pour présenter les éléments de leur projet de modification du Code du sport. Suite à cette réunion, pas de compte rendu, plus de consultation, en tout cas de l’ANMP. La Direction des Sports a estimé disposer d'assez d'éléments pour rédiger le texte final.


Réglementairement seules les 3 fédérations délégataires (FFESSM, FFS, FFH) sont en droit de participer aux réunions avec la direction des sports.
Au vu de ces derniers éléments cela nous en dit long sur  la vision que peut avoir l’état de la démocratie en matière de réglementation sportive. Cela nous permet également de mieux comprendre pourquoi ce nouveau CDS est truffé d’incohérences.


En ce qui concerne les fédérations présentes, la FFS (Spéléo) n’avait pour intérêt dans ce débat que de veillez à ne pas apparaître dans le nouveau CDS (ce qui fût le cas). La FFH (Handisport) était principalement là pour défendre les spécificités de ses adhérents. La FFESSM et la direction des sports restaient donc les seuls vrais acteurs du débat.


Aujourd'hui, l’origine de ce CDS est donc un peu plus clair bien que l’on ne puisse pas connaitre la véritable part de responsabilité de chacun des rédacteurs. Entre une FFESSM qui cultive l’art du secret et une administration omni présente et envahissante, il y a peu d’espoir d’avoir un jour une réglementation réellement adaptée aux souhaits des plongeurs.


Le triste passé mouvementé de notre fédération et ses AG houleuses ont été riches d'enseignement et nous ont appris que le plongeur adhérent de club est loin de passer devant la sauvegarde des intérêts personnels d’une minorité. Ce triste constat reste apparemment toujours d’actualité. Tout cela laisse d'ailleurs à penser que les différentes versions du CDS ont été rédigées au sien d'un comité restreint d'Instructeurs de haut vol avides de défendre leur vision personnelle de la plongée. Les brillants fonctionnaires de notre administration de tutelle, pressés de laisser leur empreinte et de justifier leur salaire, ont fini le travail en assénant le coup de grâce à l'aide de quelques mots et phrases dont ils ne connaissent même pas la signification.


Sans en connaitre précisément l'étendue, nos dirigeants fédéraux portent certainement une large part de responsabilité dans la sortie de ce concentré de bêtises qu'est le code du sport 2012. Devant la gravité que représente la parution d'un arrêté qui va à l'encontre des intérêts des plongeurs, il est important de se mobiliser et de faire connaitre notre point de vue en espérant que celui-ci sera entendu par les instances en haut lieu. Il va s'en dire que la démission du président de la FFESSM ainsi que celle du président de la commission technique nationale devra être sérieusement envisagée ou au pire leur remplacement lors de la prochaine AG nationale.


On peut également espérer (pour la nième fois) que les dirigeants de la FFESSM sauront tirer tous les enseignements de cette triste affaire et qu’ils accepteront enfin de communiquer largement pour expliquer et commenter l’avancement de leurs travaux avant de mettre les plongeurs devant le fait accompli. Cette démarche aurait permis de mobiliser en amont la communauté des plongeurs face aux dangers d’un nouvel arrêté en décalage avec la réalité du terrain.


Au vu des points relevés, les instances fédérales comme administratives ont au mieux fait preuve d'incompétence et au pire de bêtise en sabordant le bateau sur lequel nous avons tous embarqués.


Après un CDS 2010 lancé en catimini, voici un nouveau texte 2012 de la même veine avec en prime une cohorte d'absurdités et d'incohérences. Ces 2 CDS sont, à n'en pas douter, un savant mélange d'incompétence de j'm'en foutisme caractéristique des meilleures instances administratives.


 

Dernière minute : la FFESSM semble avoir pris conscience du fort mécontentement de la communauté des plongeurs et a publié un communiqué sur son site web. Le président de la FFESSM vient de s'apercevoir que le CDS 2012 soulève quelques mécontentements (« Toutefois, et de façon indéniable, certaines dispositions sont vécues comme étant en opposition totale avec la réalité du terrain. ») et s’engage à mener des actions auprès de la direction des sports. Nous ne savons cependant pas quels sont les sujets que la FFESSM souhaite aborder avec le ministère si ce n’est les rares points auxquels elle a déjà fait référence dans son analyse parue sur sont site web qui laisse très perplexe quant à sa capacité à percevoir les problèmes. En tout état de cause certainement pas ceux des plongeurs. Je reste donc très inquiet sur le résultat au vu de la timide appréciation qui est faite du CDS dans ce communiqué : « un gain en lisibilité et maintes avancées intéressantes, hélas accompagnées d’une complexification réglementaire » et qui ne fait que confirmer mes impressions premières exposées dans ce coup de gueule.


Dernière minute bis : une nouvelle proposition pour modifier l'arrêté existant semble faire son apparition au sein de la FFESSM. Celle-ci n'est pas complète (pas de retour du plongeur trimix normo à 70 mètres) mais corrige quelques points.

 

Communiqué FFESSM du 24 mars 2012

Bonnes nouvelles, JLB nous informe dans son communiqué du 24 mars (site web FFESSM) que la FFESSM est intervenue auprès du ministre et de la direction des sports pour obtenir des modifications de l'arrêté du 5 janvier 2012.


Il est à signaler que ce communiqué est le premier dans son genre à nous informer de l'avancement du dossier pour la réalisation du nouveau CDS. En effet, on retrouve enfin un vrai communiqué en direction des membres de la FFESSM et qui nous explique en temps réel les avancées et surtout les difficultés rencontrées avec quelques détails nous permettant de comprendre un peu mieux la problématique de rédaction d'un texte de loi en collaboration avec la direction des sports. Cette lettre ouverte de JLB ne reste cependant qu'un embryon de ce que l'on aurait aimé trouver depuis le début des travaux.


Cependant plusieurs questions restent toujours ouvertes comme :
- quel est le texte initial rédigé par la FFESSM,
- quelle a été la réponse de la direction des sports et ses propositions,
- quels ont été les points défendus par la FFESSM et les contre-propositions,
- quand est-il de la participation réelle des syndicats et de leurs propositions,
- sur quelles bases la direction des sports a créées les aptitudes PN/PTH et quels ont été ses arguments pour justifier toutes les autres incohérences de ce CDS,
- etc.


Avant d'aller plus loin dans le détail du communiqué de JLB, je tiens à signaler comme il est regrettable de constater que les instances fédérales soient obligées de communiquer sous la contrainte de ses membres ainsi que des acteurs (au sens large) de la plongée. A l'heure actuelle, on peut juste espérer que l'intervention de la FFESSM sera suffisante pour éteindre l'incendie et sauver ce qui peut encore l'être.
Une communication efficace en amont aurait certainement alertée et mobilisée la communauté des plongeurs pour faire pression sur la direction des sports (et la FFESSM) et éviter de nous retrouver piégé par un arrêté rétrograde et en total décalage avec notre pratique de terrain.


Le point sur les faits marquants de ce communiqué :

JLB lance rapidement quelques remerciements aux services de la direction des sports pour dixit "la qualité de leur écoute et de nos échanges". Espérons que les fonctionnaires dudit service seront un peu plus à l'écoute (et peut être également dans l'autre sens) et/ou que les échanges seront plus clairs car cette première mouture du CDS nous a montré une distorsion assez prononcée avec les souhaits des vrais plongeurs. Peut-être un peu moins avec ceux des instances fédérales. Mais allez savoir !


JLB essaye alors de se défendre d'être à l'origine de ces imperfections en rappelant des réunions qui avaient eu lieu pendant l'été 2011 et en décembre de cette même année. En tout état de cause je constate cependant qu'aucune information relative à mon coup de gueule n'a jamais transpiré des bureaux de la FFESSM ! Ou alors dans le plus grand secret réservé à quelques initiés.

Pour conclure sa défense JLB se permet de signaler que : "Pour en terminer avec cette mise au point, c'est donc la FFESSM, avant toute autre organisation ou syndicat, qui est intervenue et qui permettra, je l'espère sincèrement, de notables améliorations".


Au vu du sublime CDS que les services de la direction des sports, en collaboration avec la FFESSM, nous ont pondu, on peut se demander quel mouche à piquer JLB pour se vanter d'être le seul acteur pouvant défendre ce dossier. On pourrait même en conclure qu'il avoue en avoir la paternité et qu'il n'a surtout demandé l'avis de personne d'autre s'estimant le meilleur représentant de la communauté des plongeurs et donc le seul à pouvoir la représenter. Cette petite phrase de JLB en dit long sur l'esprit qui l'a animé tout au long de ce dossier !

Malheureusement on ne peut qu'en pleurer car se sont bien les plongeurs et les clubs/centres qui en feront les regrettables frais.


Bien qu'il souhaite "respecter la nécessaire confidentialité du travail en cours à la Direction des Sports" JLB tient cependant à nous assurer que plusieurs corrections seront apportées ("une modification radicale des aptitudes Nitrox", "Idem pour l'articulation Trimix et Héliox" et enfin "une négociation plus délicate" pour une éventuelle PTH70) avant cet été. Espérons seulement qu'il ait raison !


Un point intéressant apparait sur la disposition visant à limiter à 40 mètres, au lieu de 60, les aptitudes des niveaux 3 de plongeur lors d'une activité sans DP en établissement d'APS. Selon JLB, dans le projet initial, le législateur ne permettait aucune possibilité de plonger sans DP dans un établissement d'APS bien que l'accidentologie ne pointe pas univoquement cette configuration. La profondeur de 40 mètres est donc en fait un compromis obtenu par la FFESSM, en attente de mieux !


Comme je l'expliquais au début de mon coup de gueule on constate que le législateur est entré dans une débauche de mesures sécuritaires incohérentes et sans réel fondement. Ce dernier point est extrêmement grave et entre dans une tendance forte et plus générale des gouvernements successifs qui est de réduire coûte que coûte l'accidentologie et plus particulièrement de faire baisser les indicateurs. Certainement une consigne générale envoyée à tous les services de l'état et qui, pour les sports, touche plus particulièrement les activités dites à environnement spécifique (comprendre : à risque). Comme pour d'autres activités, on risque de dériver doucement vers une pratique aseptisée ou tous risques seraient écartés. Nous avons le mouchard (l'ordinateur de plongée), bientôt nous aurons droit aux PV dès le retour sur le bateau en cas de dépassement de la profondeur règlementaire !


Pour en revenir à cette limitation à 40 mètres, il n'aurait pas été inutile de nous expliquer ceci dès la sortie du CDS plutôt que d'attendre d'être contraint de le faire sous la pression. Cette explication éclaire une partie du sujet, mais quand est-il des autres aspects de cet arrêté ? Quelques explications circonstanciées sur l'ensemble des aberrations relevées dans ce nouveau texte seraient les bienvenues !


Affaire à suivre... en attendant la sortie officielle du nouvel arrêté.

 

Communiqué FFESSM du 4 avril 2012

Après un début silencieux voici que le président de la FFESSM deviendrait presque trop bavard au vu de ce nouveau communiqué (site web FFESSM). Ce n'est pas le fait qu'il nous informe qui est gênant, bien au contraire, mais plutôt que, d'une part, il n'en finit plus de s'auto féliciter ("Vous constatez donc que, tenant compte des délais tendus, la fédération délégataire a su réagir, quitte à pointer à nouveau des difficultés que la FFESSM avait déjà soulignées lors des réunions mises en place au Ministère pendant l’été 2011 puis suite à la saisine de la FFESSM en décembre 2011.") à chaque communiqué mais aussi qu'il se permet maintenant de spéculer sur ce que sera le texte final. Et ce malgré le résultat déplorable constaté lors de la première parution du CDS 2012.

Cette assurance est presque étrange (voire suspecte) car malgré une timide remarque "avec la prudente réserve nécessaire" JLB semble connaitre d'avance le résultat. On pourrait même se demander si cette confiance n’est pas la même qu’en ce début d'année. Ce qui voudrait dire qu’il était, au moins, en partie au courant du torchon qui allait sortir des bureaux du ministère des sports fin février ?


Bref, on ne reviendra pas sur le passé, mais il serait souhaitable que JLB se contente aujourd'hui de nous relater les faits et rien que les faits. Ayant été largement échaudé par la première sortie du CDS 2012, on évitera autant que possible de spéculer et on attendra gentiment le résultat final pour juger et réagir au besoin.

 



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Vendredi 18 Août 2017



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